Guide : quelle huile pour ma moto ? – Poirsouille Endurance Team

Poireaux, en vert et contre tout

Guide : quelle huile pour ma moto ?

Ce petit guide a pour objectif de vous guider dans le choix de votre huile moto (car le gras c’est la vie) en comprenant quels sont les différents types d’huiles. Par contre, on va vous décevoir, à la fin vous n’aurez pas une phrase « achetez la marque HuileDOlive, l’huile au top pour votre moto ». Tout simplement parce que ce n’est pas quelque chose que l’on peut déterminer sans laboratoire, et sans tests fréquents, les formules d’huile évoluant.

Alors, on va juste vous aider à comprendre quelles sont les caractéristiques d’une huile et vous fournir les informations pour que vous fassiez votre choix.

Mais trêve de bavardages, attaquons le sujet.

Huile auto ou moto ?

Vaste débat, pour la simple et bonne raison que l’huile auto est moins chère et que la moto coûte suffisamment cher comme ça. Alors pourquoi ne pas économiser quelques euros ? Nous ne le conseillons pas car moto et voiture ne sont pas faites pareil… au niveau de l’embrayage. Sur une moto, les disques d’embrayages baignent dans l’huile moteur*, alors que sur une voiture, ce n’est pas le cas.

Selon les pétroliers, l’huile auto contient des anti-frictions, et ces anti-frictions ne font pas obligatoirement bon ménage avec nos disques d’embrayage qui doivent accrocher. Voilà pourquoi on ne recommande pas l’huile auto, même si elle peut faire l’affaire si vous n’avez rien d’autre sous la main.

*Exception faite pour les motos avec un embrayage à sec. Mais le bruit est tellement dégueulasse qu’on soupçonne que c’est pour cacher les défauts de la moto. On trouve aussi quelques motos avec un embrayage qui baigne dans de l’huile mais de manière séparée du moteur.

10W40 ? 5W30 ? Touché coulé

Sur les bidons d’huile, il y a souvent un nombre, une lettre puis un nombre. On appelle cela le grade de l’huile et il indique sa viscosité, qui est un critère très important lors du choix de son huile. En effet, une huile doit être suffisamment visqueuse (ou épaisse) pour créer un film protecteur sur les pièces mécaniques, mais pas trop pour pouvoir bien circuler. A l’inverse, si une huile est trop liquide, elle va mieux circuler mais moins bien protéger votre moteur.

Regardons donc cet indice de viscosité. Ou plutôt ces indices, car il faut le lire en deux fois. Par exemple, pour le 10W40, il faut lire 10W et 40. Le premier groupe indique la viscosité à froid, le W signifiant Winter (hiver). Pour mesurer cette viscosité, on fait passer l’huile dans un orifice et on mesure le temps qu’elle met, le tout à une température précise de 40°. On associe aussi la valeur du grade à une température de fonctionnement minimal. Pour un grade de 0W, l’huile va être efficace à -30° Celsius. Et pour du 25W, ça sera du -5°. Le plus classique étant la 10W qui est efficace jusqu’à -20°.

Grade

0W

5W

10W

15W

20W

25W

Température minimale de fonctionnement

-30° C

-25° C

-20° C

-15° C

-10° C

-5° C

En pratique, plus l’indice à froid sera bas, plus votre huile sera efficace par temps froid, surtout lors du démarrage de la moto. Si on habite dans le grand nord (Paris, par exemple), prendre une huile avec un faible grade à froid pour l’hiver est le top, surtout si vous faites beaucoup de petits trajets où la moto n’a pas le temps de chauffer.

Des grades pour chaque usage

Normalement, là vous vous demandez quel est l’intérêt de mettre de l’huile qui va convenir pour des températures de -30° si vous n’habitez pas en Suède. Aucun. Alors, oui, si vous laissez votre moto dehors, il vaut mieux taper dans du 5W histoire d’avoir un moteur bien lubrifié dès le démarrage, mais si vous habitez dans le sud et que vous chauffez votre moto dans un garage avec radiateur, une 10W voir une 15W correspond à vos attentes.

L’autre indice indique donc la viscosité à chaud, c’est-à-dire la capacité de l’huile à supporter les hautes chaleurs sans se dégrader et sans être cisaillée (abîmée). Les tests sont faits à 100 et 150° Celsius. Pour les grades à chaud, les valeurs sont 8, 12, 16, 20, 25, 30, 40, 50 ou 60. Plus la valeur sera haute, plus l’huile sera visqueuse moteur chaud. Qui dit plus grande viscosité dit meilleure protection, en l’occurrence lorsque le moteur est très sollicité.

Il faut donc trouver le bon équilibre entre une huile qui va protéger votre moteur à froid et une qui va faire du bon boulot à haute température. Il faut donc regarder votre utilisation : petits trajets ? grandes balades ? Piste ? De manière générale, un 10W40 fera bien le boulot pour des trajets routiers/quotidien, alors qu’on partira plus pour de la 10W60 voire 20W60 pour une pistarde qui roule toujours à fond par beau temps.

Synthèse, semi-synthèse, minérale ou huile d’olive ?

Huile de synthèse pour un usage racing

On va tout de suite évacuer le sujet, votre moteur n’appréciera pas beaucoup l’huile d’olive, de tournesol ou de pépins de raisin. D’une part parce que vous allez puer la friture, mais surtout parce que les huiles moteur, comme vu plus haut, ont été étudiées pour… lubrifier un moteur ; toutes leurs caractéristiques sont calibrées dans ce but. En plus, elles contiennent de 5 à 30% d’additifs destinés à améliorer certaines propriétés comme la viscosité, la résistance à l’usure ou à la corrosion. Par conséquent il est également déconseillé de faire sa vinaigrette avec une dose de 10W40.

Qu’en est-il de l’huile minérale ? C’est un produit du raffinage du pétrole brut. Par conséquent les molécules qui la composent sont de tailles et de caractéristiques variables. Tout cela est corrigé par la présence des additifs cités au dessus. Mais l’huile minérale se dégrade plus rapidement que l’huile synthétique.

Pourquoi ? L’huile de synthèse peut avoir des sources diverses (y compris le pétrole brut), mais elle est élaborée chimiquement dans le but d’obtenir des molécules rigoureusement identiques, avec les propriétés voulues. L’huile de synthèse va donc mieux résister aux hautes températures et va mieux « se tenir » sur les parois du moteur. Le moteur va être mieux lubrifié. D’autre part, vu que l’huile va moins se dégrader, on peut espacer (en théorie) les vidanges. Pour nos pistardes, nous utilisons de la synthèse car nos moteurs sont toujours à fond. Mais nous faisons une vidange après chaque course.

L’huile synthétique a l’air parfaite, sauf qu’il y a un mais : du fait de son processus de création, elle coûte plus cher à fabriquer et donc vous coûtera plus cher à l’achat. Pour une fois que ce n’est pas le bio qui coûte plus cher.

Quant à la semi-synthèse, c’est tout simplement un mélange d’huiles minérales et de synthèse, là encore pour obtenir le grade et les propriétés voulues. Elles auront donc une stabilité et une durabilité intermédiaires entre la minérale et la 100% synthèse.

Alors que préférer ? Encore une fois la réponse va dépendre de votre utilisation. Si vous êtes souvent à pleine charge, il vaut mieux prendre une huile de synthèse, qui résistera mieux. Mais si vous avez besoin d’une huile type 10W30, vous pouvez faire des économies et prendre une semi-synthèse ou une minérale.

Conclusion

Pour la norme API, plus récent ne veut pas dire meilleur : cette huile s’arrête à la norme SF pour éviter les additifs anti-friction des normes plus récentes

Pour en rajouter à toute cette salade, on pourrait parler des normes. Elles sont indépendantes de la composition ou du grade de l’huile, et lui donnent une note selon ses caractéristiques. Sans rentrer dans les détails, la norme américaine (API) est plutôt adaptée aux automobiles. La première lettre est S pour essence ou C pour diesel ; la deuxième avance dans l’alphabet au fur et à mesure de l’évolution des moteurs. Donc une huile SN (moteurs à partir de 2011) conviendra à des moteurs plus récents qu’une SJ (de 1998 à 2000). La norme japonaise (JASO) teste aussi les huiles moto : une huile JASO MA, ou mieux MA2 est donc parfaitement adaptée pour fonctionner dans le moteur et dans l’embrayage vu que la majorité des motos ont leur embrayage qui baignent dans la même huile que le moteur.

Mais pour ne pas que votre cerveau tourne en vinaigrette, retenez au moins qu’il faut respecter – a minima – les recommandations constructeur de votre moto. Pas forcément sur la marque d’huile partenaire, on sait que Hondol recommande Repsa et vice-versa. Mais sur le grade et la norme préconisés dans le livret d’entretien. Cela vous permet d’avoir une base pour faire vos vidanges. Si vous voulez changer d’huile, il vous faut vous poser les questions suivantes : quelle est mon utilisation de la moto, et est-ce que le moteur est le plus souvent chaud ou froid ?

Dernier conseil, ayez toujours un bidon d’huile dans votre garage, au cas où une remise à niveau s’impose !