Poireaux, en vert et contre tout

Questions à la pistardie : guide pour débuter sur piste (partie 1)

Il arrive de temps en temps qu’on nous pose des questions sur comment faire de sa première fois sur circuit une réussite. On a donc décidé de prendre les questions et d’y apporter des réponses. Bref, un petit guide pour vous aider à franchir le pas. Alors enfilez votre casque, mettez vos gants, on part pour le circuit.

Pourquoi aller sur piste ?

Pour se faire plaisir ! La piste est un environnement clos avec du bitume de qualité, et sans grand-mère avec caniche qui vous coupe la route. Pas de glissières pour vous couper en morceaux, pas de ravin pour se casser les poignets, et des gens qui partagent la même passion que vous.

Autre truc sympa, il n’y a pas de radar. Avec les 80km/h qui se profilent, pouvoir rouler sans regarder son compteur et sans avoir peur de perdre son permis est quand même un point sympa.

A partir de là, vous avez envie d’essayer le circuit mais vous avez encore des doutes : lisez donc la suite du guide pour finir de vous convaincre. Mais si vous pensez que la piste n’a toujours aucun intérêt, merci de relire ce paragraphe 22 fois pour vous en convaincre 😀

Pour ceux qui veulent aller plus loin, vous pouvez aller faire un tour sur cet article du Moniteur Hors des Clous qui aborde plus en profondeur l’intérêt d’aller sur piste en se basant -entre autres – sur des expériences de pistards.

Moi sur piste ? mais c’est super dangereux !

Bon, on va couper court tout de suite avec ces conneries : LA PISTE N’EST PAS PLUS DANGEREUSE QUE LA ROUTE (oui je crie mais j’en ai marre d’entendre cette absurdité).

Oui, le but de rouler sur circuit est de rouler plus fort, de repousser ses propres limites. Mais ça ne veut pas dire rouler comme un âne non plus. Hors de question de complètement débrancher le cerveau une fois la première enclenchée.

J’ai déjà entendu (plus souvent de la part de ces demoiselles) : « Je ne peux pas aller sur circuit, je suis lente, et je suis nulle » Assorti d’un (plusieurs choix possibles) « je vais gêner les autres/je vais tomber au premier virage/je ne sais pas accélérer ». Admettons que vous soyez vraiment nul(lle) – ce qui reste à prouver – la piste est justement l’endroit idéal pour vous améliorer. Vous allez pouvoir tour après tour vous améliorer, retarder vos freinages, bosser votre position voire accélérer plus fort. Si on comparait ça à de la musique, la route c’est de l’impro en free jazz, et la circuit c’est faire des gammes. Alors prenez votre moto et venez commencer par une gamme simple pour ensuite monter de niveau. Allez-y à votre rythme, ne vous mettez pas la pression et tout devrait bien se passer.

J’ai aussi eu le droit à « Non, mais moi si je vais sur piste, je vais me tuer, je vais y aller trop fort » (surtout de la part de mecs… coïncidence ?). Bon, les gars, faut arrêter vos conneries. Est-ce que vous roulez au dessus de vos pompes sur route ? Quelle que soit la réponse, ça sera pareil sur piste. Le niveau que vous avez en commençant la piste est le même que celui que vous avez sur route. Alors oui, si vous faites n’importe quoi, vous risquez la sanction, que ça soit par les moniteurs ou avec une chute, mais j’ose espérer que vous n’êtes pas complètement demeuré et que vous vous rendrez compte que vous êtes là pour vous faire plaisir et pour progresser, pas pour finir aux urgences.

Dernier point que j’ai appris à mes dépens : il y a aura toujours un ou une pilote plus rapide que vous. Donc ne vous prenez pas pour les champions du monde du quartier, vous risquez juste de vous en coller une. #TrueStory

On va quand même aborder le cas de la chute car cela peut arriver. Oui, on chute sur circuit. Maintenant comparez une chute sur route et une sur circuit. D’un côté on a des barrières de sécurité pas doublées, des voitures qui arrivent en face et aucun dégagement. De l’autre, on a de magnifiques bacs à gravier, des pompiers et un médecin sur place. Je ne sais pas pour vous mais je préfère grandement tomber sur circuit que sur route.

Roulage simple ou stage ?

Le fameux simulateur d’inclinaison de Tortue Team, parfait pour voir jusqu’où votre moto peut vous emmener

Stage, sans hésitation. La piste n’est pas comme la route, elle a ses règles, et il vaut mieux être accompagné pour votre première fois. Les marshalls sont là pour vous aider, vous indiquer ce que vous faites bien et ce qu’il faut améliorer. Et si vous pensez ne pas en avoir besoin et être suffisamment fort, faites un stage. Même après de nombreuses journées piste, il y a des choses à apprendre. Dans le cas où vous êtes vraiment fort, chaque groupe a des sous-groupes en fonction du pilotage, et il est possible de se faire changer de groupe, dans un sens ou dans l’autre.

Perso, nous avons débuté avec Tortue Team. Ils sont au top, prévenants, et permettent de faire une très bonne transition entre la route et la piste.

Exercice de déhanché dans un stage De Radiguès Riding School

Nous avons aussi testé De Radiguès Riding School dans un stage plus poussé sur le circuit de Bresse. Ce fut aussi une excellente expérience.

En fonction de là où vous voulez aller, il existe d’autres organismes. Un petit tour sur le net vous donnera plus d’infos pour chaque stage, pour voir celui qui vous correspond le mieux.

Niveau tarif, une journée piste coûte entre 80 et 140 euros pour la plupart des circuits. Un stage, le double. Mais le circuit coûte cher et c’est triste à dire, il faut avoir du budget pour en profiter. Donc si vous êtes un peu limite, attendez pour faire quand même un stage.

 

Quel circuit choisir ?

Lédenon… circuit plutôt rapide et très technique
La « couille de bœuf » du Luc, partie la plus technique du circuit

Certains conseillent de commencer par un circuit technique genre Lédenon, d’autres préfèrent un circuit avec de grandes lignes droites pour pouvoir pousser leur moto à fond.

On aurait tendance à vous conseiller le circuit le plus proche de chez vous, tout simplement car c’est… le moins loin, et que le soir il faudra rentrer chez vous après une journée épuisante. Soyons honnête, ce n’est pas lors de votre première journée que vous allez claquer un chrono. Vous allez appréhender un nouvel environnement et apprendre plein de choses, quelle que soit la piste. Et si vous pouvez choisir, choisissez plutôt un stage qui vous semble bien plutôt qu’un circuit prestigieux.

Nous avons débuté sur le circuit du Luc, clairement pas le plus prestigieux, ni le plus rapide, ni le plus technique. Mais il était très bien pour débuter car à seulement 1h de route et facilement accessible. Tous les circuits ont une partie plus rapide et une partie plus lente, afin de travailler les différents types de virages.

Avec ma moto ou une autre ?

Louer une moto piste coûte pas mal de sous vu que les tarifs commencent à 300 euros. Et perso, je pense que ça a un intérêt limité. Comme dit avant, vous allez apprendre plein de choses, devoir vous concentrer sur de nouvelles sensations. Si en plus vous devez découvrir une nouvelle moto, cela va juste vous compliquer la vie. Il est mieux d’y aller avec sa propre moto car vous la connaissez (enfin, vous pensez la connaitre 😉 ).

Normalement là y en a un qui me dit « mais je ne veux pas casser ma moto en cas de chute ». Certes, ça va vous couter des sous de réparer votre belle, mais n’imaginez pas que si vous pliez la moto de location vous allez repartir sans rien débourser. Il y a des cautions qui s’élèvent à plusieurs milliers d’euros.

 

Cette première partie devrait vous motiver pour vous inscrire à un stage piste. Si ce n’est pas le cas, relisez la deux-trois fois. Vous êtes décidé à poser vos roues sur circuit ? Dans la deuxième partie on abordera les questions pratiques, pour arriver l’esprit serein le jour J.

 

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