Poireaux, en vert et contre tout

48h dans la peau d’un Team Manager

Lors de notre course de Varennes-sur-Allier en mai, Laurie a commencé à se familiariser avec son rôle de team manager, rôle qu’elle va devoir assurer pendant la course du Creusot. Et voici ce qu’on ressent quand on doit co-assumer la tâche de faire marcher une équipe.

 

Les 12 et 13 mai, c’était un week-end de course à Varennes sur Allier, si on mesure ça avec un mètre ruban, ça fait quand même beaucoup de kilomètres depuis Blagnac. Alors, j’ai fait quelques provisions avant de partir une nouvelle fois à l’aventure. Armée de deux kilos de la fameuse saucisse de Toulouse, mais aussi de quelques douceurs (donuts, cookies, brownie – on ne peut pas dire que je laisse la Team mourir de faim), j’étais prête à affronter la route… Et aussi mon tout nouveau poste de Team Manager Assistante.

Comme précisé précédemment, l’arrivée se fit avec le soleil. Mine de rien, un rayon de soleil, ça met bien en valeur le PoirsouilleTruck… Mais aussi la moto de Ludo, le troisième pilote pour cette course. Elle est mythique pour son #NuclearRed, mais la voir en vrai c’est risquer la fracture de la rétine. D’ailleurs, ça pourrait être une technique pour déconcentrer les adversaires… J’arrive en plein essais libres, alors pas le temps de souffler ou presque, me voilà dans le grand bain : on me remet « mon » chrono, insigne de la profession.

La Speed Nuclear Red, notre phare dans la nuit, notre soleil sous la pluie

Essais Libres & Qualifs

Le circuit Jean Brun est suffisamment long pour qu’un tour dépasse la minute, ce qui du point de vue du Team Manager est plutôt utile : on a le temps de voir venir notre pilote. Enfin, quand le rapport paddock/piste le permet. Première petite déconvenue : si les paddocks sont plutôt bien (en dur et avec le courant), la position en début de virage laisse un peu à désirer.  Car avant ce virage et la courte ligne droite, il y a une belle chicane, il faut donc guetter l’arrivée de la moto et panneauter suffisamment tôt. L’avantage des essais libres, c’est que l’on peut facilement se mettre en place. On essaye, on trouve le bon moment. Car du côté des paddocks aussi tout se joue au chrono.

Le samedi est resté couvert, mais la température est agréable. Un temps parfait pour claquer des chronos. Et pour moi, pour m’entraîner à prendre les chronos. Je ne m’en sors pas trop mal car la différence entre mes prises de temps et celle du maître incontesté du chrono de la Team est de l’ordre de quelques centièmes de secondes. Je prends mes marques assez rapidement, même si pour être honnête, j’ai tendance à m’effacer et ne pas faire entendre ma voix. Mais j’apprends vite.

Les garçons semblent s’éclater sur la piste, jusqu’à claquer un joli 1min13 pour Seb, record inégalé par le reste des pilotes de notre équipe. Il remporte donc l’honneur de partir le premier pour la course du dimanche. Les qualifs se passent très bien puisqu’on arrive à se positionner en P13 dans la catégorie et P36 au général. Côté météo, on commence à voir le ciel s’assombrir, ce qui n’est pas vraiment bon signe. Les qualifs du soir se terminent effectivement quelques minutes à peine avant le déluge.  C’est donc foutu pour faire griller la saucisse au barbecue, personne n’ayant songé à amener un scaphandre.

Le Grand Bain

Peut-être même presque littéralement. Dès le lever, le temps s’annonce maussade : il bruine et les prévisions météorologiques ne sont pas plus enthousiasmantes. Mais on fait tous contre mauvaise fortune bon cœur. Il faut dire qu’on l’avait vu venir le sale temps. Même si Ludo a voulu essayer de transformer des bottes moto en aquarium. Heureusement que les poireaux sont bricoleurs : le séchoir à casques se retrouve réquisitionné en séchoir à bottes, du moins, en attendant le warm-up. Parce que forcément, c’est Ludo qui commence le warm-up. La pluie a fait poindre quelques drapeaux jaunes, mais cela n’effraie pas les poireaux qui tiennent sur leurs roues.

L’ordre choisi pour les trois premiers relais était le suivant : Seb puis Xavier et enfin Ludo. Comme le temps s’est dégagé, il a fallu quitter les pneus pluie et chausser les slicks, un peu au dernier moment. Seb fait un relais entier sans pluie. Par contre Xavier est rattrapé par l’averse. Nous décidons de raccourcir un peu son relais pour repasser en pneus pluie. Et là, malheur : il chute en tentant de faire un dépassement par l’intérieur. Une chance donc qu’on ait été aux aguets. Ainsi pendant que Michel et Brice s’occupent des pneus, Xavier répare : le tirage rapide étant hors-jeu, on repasse en tirage classique.

Alors que Ludo repart au guidon pour son premier relais, je prends aussi le relais de Michel en tant que Team Manager.  Je vois donc Ludo passer une première fois et… plus rien ? En fait, par solidarité avec Xavier, il a testé la chute. Cette fois c’est le frein qui a pris. Du genre « Une fois de plus c’est la réactivité de tout le monde – et surtout celle du mécano – qui fait la différence. Seb remonte aussi sec (enfin, sec… Seb, pas le temps, qui lui reste à la pluie par intermittence) et s’en colle une aussi. Il tord un demi-guidon et casse l’embout de sélecteur. Cette fois, c’est plus du MacGyver que de la réparation. Mais ça tient et on repart sur la piste. Je ne suis pas ménagée pour ma première gestion de course.

Dès lors, le but est de finir la course, sur nos roues. Tout le monde y met du sien. Le ravitaillement essence se déroule sans accroc, tout comme le reste de la course. Pas de remontada extraordinaire, pas d’actions insensées, même si Seb arrache quelques jolis chronos sur les derniers tours. Finalement, c’est Ludo qui termine la course sous le drapeau à damier. Sans étonnement, nous terminons 36ème, après un passage à la 39ème place. Pourtant, sur la ligne d’arrivée, il n’y avait que des sourires et un léger soupçon de fatigue.

Ce que j’en ai pensé ? C’est aussi plaisant que d’être panneauteuse, excepté qu’il faut toujours être prête à réagir. Réfléchir vite et bien, avoir l’œil sur la piste et le paddock à la fois. Ne pas avoir peur de se mouiller, ni de devoir jouer les assistantes mécanos. En bref, s’attendre au meilleur comme au pire.

J’ai encore une sacrée marge de progression, mais je commence à comprendre un peu mieux comment tout cela se gère, peut-être même aussi comment nos Poireaux fonctionnent. Ça tombe bien, parce que début juin, il y a une nouvelle course à assurer !

Laurie va-t-elle passer avec succès du rôle de panneauteuse à celui de Team Manager ? La Poirsouille Endurance Team finira-t-elle sur ses roues ? Vous le saurez la semaine prochaine, même jour, même blog !