Poireaux, en vert et contre tout

GSR

Ma mère m’a toujours dit que je devais goûter avant de dire si j’aime ou pas. Ce qui fait que des fois j’essaye des bécanes qui a priori ne me donnent pas envie – genre un NC750X. Et c’est ce qui s’est passé sur le GSR du cousin. Déjà, il faut savoir que le dit cousin n’a pas acheté une Street R, ni même une Duke, mais un GSR. Et j’ai un a priori négatif sur le GSR, je le trouve massif et lourd. Mais bon, fallait quand même essayer avant de râler.

Mon cousin étant gentil, il me l’a prêté pour une bonne balade d’une centaine de bornes. Avec des routes ultra connues (les Adrets), de la route un peu défoncée et de la route rapide. Le moyen de savoir si c’est une bonne moto ou une bécane de kéké.

Le tableau de bord est sobre et on y retrouve un peu toute les infos nécessaires. On a même un indicateur de rapport engagé: ça commence fort pour le coin « vraie moto ».

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Je démarre la bête, et je suis content d’avoir mes bouchons d’oreilles ET que l’Ixil ait ses chicanes. Parce que le bruit, bien grave, est présent. Ho, c’est sympa, ça pétarade quand on lâche les gaz. Et hop, un premier point kéké

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De quoi vous faire haïr par vos voisins

Premier feu rouge, le caisseux à côté de qui je suis commence à taper la discut. On a donc une moto qui attire le chaland. Deuxième point kéké dans la poche, easy.

On se pose à la station essence pour attendre les copains et on en profite pour mieux regarder cette bécane.

Bon, il faut admettre que cette moto a quand même de la gueule dans le genre massif. Sûr qu’on est loin des bécanes fluettes genre la MT-07. On rajoute donc un point dans le coin kéké pour cet étalage de testostérone.

Mais blague à part, une moto, ça se conduit et il est temps de voir ce qu’elle a dans le ventre cette dérivée de sportive. Les premiers virages arrivent et je me retrouve à déhancher, chose que je ne fais jamais sur ma Hornet. Avec le GSR, ça vient naturellement. Cette moto demande de l’engagement pour tourner. En plus, la forme du réservoir s’y prête bien. La selle glisse suffisamment pour se jeter facilement d’un côté à l’autre dans les enchainements de virages. Merde, mais c’est sympa à conduire comme ça. Premier point pour la catégorie « vraie moto ».

Tiens, parlons du freinage. Ou plutôt d’un truc bizarre. Au début ça ne freine pas, ça ralentit, puis quand on insiste ça arrive et ça freine correctement. Mais il n’y a aucun feeling. Alors que cette moto a eu le droit à des durites avia et a des plaquettes racing. Ça monte le score à 4-1 pour le kéké.

Bon, en plus, la fourche ne travaille pas, ce qui fait qu’il n’y a pas de transfert de masse. C’est super bizarre donc on a tendance à plus utiliser le frein moteur que le frein tout court. On attaque donc les courbes hauts dans les tours, et ça passe super bien.

Un de poésie avant de mettre du gaaaaz
Un peu de poésie avant de mettre du gaaaaz

Il faut vraiment mettre un gros gros freinage pour sentir l’avant plonger. Conséquence de cette fourche dure: on sent toutes les aspérités de la route. Par contre, l’arrière est cohérent et ne filtre rien. A tel point que sur un virage rapide, j’ai eu l’arrière qui rebondissait sur les défauts du bitume.

Après questions au cousin, j’ai le fin mot de l’histoire: la moto a eu sa fourche préparée pour la piste, avec des bouts de bois dedans. C’est peut être super sympa sur piste, mais sur route, j’ai connu mieux.

Bon, j’ai aussi essayé le mode tranquille au bout de 20mn (ouais, un pistard peut déhancher pendant 20mn, après il redevient normal) et la moto a du mal à s’inscrire en courbe. Il faut la violenter. Un copain m’a conseillé quelques jours plus tard d’appuyer sur les reposes pieds. Je pense qu’il avait raison mais il aurait pu le dire avant, franchement ! Pour le point, soit on se dit que c’est une bécane de ligne droite et on donne un point kéké, soit on donne un point « vraie moto » parce que c’est une moto qui se pilote. Je vais faire taire la mauvaise foi en moi et donner un point « vraie moto ».

Penser à photosoper la béquille, ça fera plus classe
Penser à photoshoper la béquille, ça fera plus classe

Là, vous commencez à vous demander pourquoi je n’ai pas encore parlé du moteur. Un moteur de Gex 750 dégonflé, ça doit quand même envoyer du pâté. Surtout que ce GSR a un pignon -1. Et ben non. Attention, je ne dis pas que c’est un poumon asthmatique, ni même une Hornet… quoiqu’on se rapproche plus de la Hornet que de la CB1000R (la CB, hein, pas la CBR). On est obligé de tomber un rapport pour doubler sereinement car dans les bas régimes, ça mouline. C’est un peu la grosse déception car j’espérais justement ne pas avoir à tricoter du sélecteur, et rouler sur le couple. Ben c’est loupé.

Bon, faut être honnête, je n’aurais pas acheté ça comme moto de tous les jours, surtout celle ci. Mais quand on commence à vouloir attaquer, il faut reconnaitre que ses gènes de sportive sont bien présents, et qu’on s’éclate. Alors ce que je vais faire, c’est que je vais la piquer à mon cousin et aller me faire la roadster cup. Et je vais me faire graaaaaaaaave plaisir.

Merci Axel 😀

Elle serait plus à sa place dans des paddocks
Elle serait plus à sa place dans des paddocks

Ah, et vous vous demandez sûrement où on est en du décompte des points: suffit de compter. Mais en même temps, n’importe quelle bécane est une vraie moto de kéké (sauf la NC750X).

3 thoughts on “GSR”

  1. Moi aussi !
    Oui, tout comme notre essayeur du jour , depuis tout petit, « ma mère m’a toujours dit que je devais goûter avant de dire si j’aime ou pas » . Ce qui vient d’être fait grâce à la gentillesse du même cousin que Knacki (mais c’est le sien seulement, vous suivez ? ) qui m’a obligeamment prêté sa vraie-fausse Gex 750 le temps d’un petit run.

    Pour éviter de tomber dans la facilité, j’ai pris les commandes de cette machine dans une portion de virolos locaux où je suis historiquement lentissime et pas dégourdi, la « spéciale » en mode course de côte entre Fréjus et St-Paul en Forêt pour ceux qui connaissent .
    Avec la ferme intention de savoir au bout des 25 kms si j’aimais ou pas cette 750.

    Bon, vous savez quoi ? Ben j’ai lamentablement raté mon objectif! En descendant de la selle ( un poil ferme et moyennement confortable sur la durée ) de la GSR , je peine à cocher la case « j’aime » autant que la case « j’aime pas « . La faute à une machine bien trop lisse ?

    Alors pour tenter d’en dire quand même mon ressenti, on va faire un petit tour du proprio et faire comme Knacki (c’est mon modèle journalistique ! ^^ ) à savoir décerner les bons et les mauvais points .

    Les bons d’abord :

    >> voilà effectivement une machine qui semble plaire au passant pourvu qu’il soit motard . C’est bon pour l’ego.

    >> la position de conduite est hyper naturelle -pour un roadster – une fois qu’on a oublié la première impression ressentie en quittant une VFR, à savoir qu’on jurerait qu’ils ont monté le guidon à l’envers .

    >> La prise en main est simplement enfantine ! La moto est un modèle de roadster du 21° siècle bien élevé et poli, neutre, facile, évident et prévenant . Un moteur ultra souple, des commandes naturelles, un comportement dès les premiers tours de roues dénué de toute particularité, un châssis totalement prévisible et facile à manier.

    Bonne surprise, contrairement à Knacki je ne vois strictement aucune difficulté à inscrire la moto sur l’angle et à y mettre les degrés d’angles nécessaires à ne pas se trainer sur cette route sinueuse ( mais on me dit dans l’oreillette que le fameux cousin, facétieux, a fait essayer sa moto avec les pneus quasi à plat la dernière fois … ).

    Certes, elle est d’une agilité en vrai retrait par rapport à pas mal de roadsters énervés concurrents ( les Honda CB1000R ou Hornet, la Street Triple, etc … ) . Cela se sent surtout dans les changements d’angle qui se font aisément mais sans grande vivacité. Mais aucune lourdeur excessive, et une fois sur l’angle un guidage très honorable du train avant est au programme .
    Je l’ai bien aimé ce train avant si facile, neutre, informatif , ce n’est pas une lame aiguisée mais il permet de tenir bon rythme sans aucune difficulté.

    Et puis, ….c’est tout pour les points forts, désolé !

    En second lieu les trucs qui peuvent chagriner, sans être rédhibitoires .

    >> D’abord l’accastillage et la finition. On va être gentil, on va dire que c’est suffisant . Mais clairement un examen un peu attentif ne révèle aucune belle pièce, aucun effort particulier d’intégration mécanique , pas de belle peinture profonde ou de pièces plastiques valorisantes . Ça fait pas vraiment cheap, mais c’est pas du Honda ou du Triumph non plus et de loin.

    On glissera dessus sans passion en espérant que le vieillissement ne vienne pas ternir trop tôt un tableau déjà dans une très banale moyenne. D’ailleurs un vilain bourdonnement de la boite en 2° vitesse, que le bruyancieux pourtant généreux en vocalises et autres pétarades ne parvient pas à masquer totalement, nous indique qu’au moins un pignon de boite n’est déjà plus comme neuf…..

    >> Second point pas parfait, l’accord de suspattes : comme dit plus haut malgré l’accastillage quelconque le train avant fait bien son boulot à rythme routier même un peu soutenu. Mais l’on insiste en mode serein, c’est l’arrière qui vient ternir un peu la précision par de petits pompages pas dangereux mais agaçants. Dans les brusques changements d’angle, ce désaccord fait un peu perdre en efficacité , quoique toujours sans se montrer jamais dangereux ni imprévisible, ouf !

    Et enfin, faut bien en parler, les trucs qui fâchent , les vrais :

    >> En premier lieu, le moteur ! J’avais un excellent souvenir du fameux 4 pattes 750 de la Gex (merci Vilo pour me l’avoir plusieurs fois prêtée jadis, c’était bon !! ) . Il était souple et puissant, il avait une sonorité exceptionnelle, il avait du couple bien assez et il prenait des tours de façon grisante, bref : un super moulbif !
    Du coup ma déception n’en a été que plus grande au moment de demander à son cousin (celui du moteur, pas celui de Knacki, continuez donc à suivre ) estampillé GSR de faire étalage des qualités reconnues de sa famille .
    Voilà certes un moteur indubitablement efficace. L’odomètre ne ment pas, et il nous dit que ça pousse assez fort et qu’on est très vite à des vitesses répréhensibles . Mais tout ça est tellement dénué de grumeaux dedans, de vie, d’âme, d’excentricité que c’en est presque ridicule pour un engin qui veut aller boxer dans la catégorie « gros roadster à poil aux pattes » .
    Alors voilà, ça doit être ça un moteur électrique . Totalement linéaire, étonnamment peu coupleux en apparence pour sa cylindrée, il tracte en toutes circonstances sans aucune faiblesse, mais il ne m’a jamais mis la banane quel que soit le régime moteur adopté.

    Je pense d’ailleurs que la très grosse erreur sur cette machine, c’est le pignon de sortie de boite raccourci . Du coup, le bousin passe son temps à mouliner de façon infernale, et ne peut être exploité qu’en mode barbare prêt à wheeler . L’allonge , s’il y en a , est annihilée par la nécessité de passer tout le temps les rapports sans autre but que d’arrêter de tutoyer les hauts régimes même en ligne droite .
    On est à un excentrique 5 000 trs/min pour 100 km/h en 6°, c’est plus court que la plupart des roadsters 600cm3 et c’est usant et inutile .
    On passe les ronds-points serrés en 4° et les épingles retorses en 3° les doigts dans le nez, oui et alors ? S’il y a 150m entre deux virages on n’a le choix que de passer deux rapports en une seconde et demie, ou de faire gueuler encore et encore ce moteur qui s’époumone en vain sans donner plus que ça de plaisir au passage .

    Akwel, si tu acceptes les conseils des vieux cons crois-moi . Jettes tout de suite ton PSB-1 à la poubelle , remets la démultiplication d’origine par pitié ! Je ne suis pas certain que ça transfigurera totalement le ressenti linéaire du moteur, mais je te garantis que tu en profiteras bien mieux et plus efficacement sur route .

    >> Second et dernier point qui fâche vraiment, les freins ! J’aimerais être plus gentil, mais je ne peux dire comme commentaire que « minable » .

    L’arrière est un simple ralentisseur basique, passons .

    Mais l’avant est terrifiant! Comme dit plus haut, sans avoir l’air d’y toucher cette moto au final efficace permet d’arriver bien vite sur le virolo suivant . Ne reste qu’à user de l’avant pour y entrer à vitesse appropriée, mmh ?
    Ben non. Premier essai, je commets l’erreur de prendre le frein avant à deux doigts, dans un mode qui me permet sur mes Honda CBR600RR ou même VFR habituelles de plisser le bitume . Et …..il ne se passe strictement rien ! L’attaque est totalement spongieuse , premier stress .
    Trois doigts obligatoires pour ressentir une action des étriers sur le disque, je note après m’être quasiment fait une chaleur – direct un gros angle pris au premier virage attaqué, juste parce que j’ai pas pu freiner et qu’il fallait bien tourner quand même….

    Après l’attaque spongieuse, sans consistance et surtout sans aucun feeling, oui si on insiste sur le levier en serrant fort et longtemps, la moto en fait freine honorablement . Mais avec un manque de sensations totalement rédhibitoire pour moi . Aucune sensation de la limite, dosage inexistant, une vraie cata .

    Pour moi c’est clairement s’il fallait le désigner LE gros point noir de cette machine . Surtout que ce feeling aux abonnés absents se conjugue avec une moto sans ABS …. On freine pas assez fort au moment de l’attaque faute à un mordant aux abonnés absents, donc on doit en rajouter une louche sans bien sentir son dosage après le transfert de masse effectué, donc… en cas d’urgence voilà typiquement le genre de système de freinage qui fera bloquer la roue avant à 90% des motards . Beurk .

    C’est l’heure du bilan, tout en remerciant encore Akwel pour l’essai et me mettant à genoux pour qu’il ne m’en veuille pas trop de mes commentaires désobligeants .
    Nous avons donc là une globalement bonne moto, moyenne en tout (sauf en freinage !!!!!! ). Un vrai archétype de roadster mid-size moderne assez bien réalisé.

    Elle fait presque tout plutôt bien tant qu’on ne lui demande pas la lune, elle tourne ( eh oui Knacki, je m’inscris en faux complet par rapport à toi, tu devrais la réessayer maintenant qu’elle a un peu d’air dans les gommes – ou cesser de croire qu’on pilote une moto sur route comme sur piste, autre option ? ^^ ) , elle guide, elle tracte, elle est souple et a un rendement plus que correct.

    Mais jamais au cours de ce bref essai elle ne m’a mis la grosse banane, fait saliver, etc… Ni ne m’a donné l’impression que pouvais péter un chrono avec un jour de bonne humeur . Pour ça je pourrais citer les 3/4 des meules des potes sur Poirsouille avec lesquelles je pourrais aller plus vite qu’avec cette GSR.
    Moyenne en châssis, moyenne en moteur, moyenne en sensations, moyenne en finition, moyenne en équipements, mauvaise nulle part – juste nulle au freinage .
    J’en attendais peut-être trop eu égard à la prestigieuse filiation avec les mythiques GSX-R, qui sait .

    Bon, maintenant je vais battre ma coulpe et me débrouiller pour être loin devant lors de la prochaine sortie ou cette GSR et son maitre seront de la partie, histoire d’éviter les coups de botte dans mon carénage . ^^

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