Poireaux, en vert et contre tout

Et un, et deux, et trois Creusot

La course du Creusot était notre troisième course en l’espace de 4 semaines. On pourrait dire qu’on a fait un marathon d’endurance. Mais on est un peu barge, on aime ça.

Les poireaux sont là !

Terre inconnue Terrain connu

Pour la première fois depuis que nous avons commencé le 25 Power, nous n’allons pas découvrir un nouveau circuit (pour les pointilleux, le Luc ne compte pas vu qu’il est hors championnat et qu’en plus ce n’est pas un circuit de kart). C’est donc en terrain connu que nous arrivons le vendredi matin. Tellement connu que nous avons fait un petit détour pour nous acheter une viennoiserie qu’on ne trouve qu’au Breuil, à base de chocolat et de crème. Vu le poids, y a peut être même un peu de ciment dedans.

Mais nous ne sommes pas là pour parler de gastronomie bourguignonne, mais de légumes. L’installation se fait rapidement et nous sommes rejoints par Brice, Pierrot et Céline (dans l’ordre d’arrivée). Le programme du matin est d’abord de valider la démultiplication (plus longue, sur un bon conseil de Romain) mais aussi de bosser sur les suspensions. Le bel amorto monté avant Jura Sud a enfin des compagnons de jeu dignes de ce nom vu que nous avons changé les joints spi et que nous avons mis une huile plus épaisse. Dire que la moto est transformée serait un euphémisme. On est passé d’un chewing-gum trop mâché à un raillounet (on va pas mentir en disant que c’est devenu un rail, on reste sur une CBR125). C’est simple, nous gagnons tous les deux deux secondes sur nos meilleurs chronos de l’année passée. Seb en 49 et moi en 48. Cela promet de bonnes choses !

Un peu cabossée mais plus vaillante que jamais

L’après midi, on peut alors enchainer les tours. Bien que venus avec les deux motos, on a roulé essentiellement sur la Carotte, histoire d’engranger des tours à son guidon. Mais aussi parce que le petit pois commence à pâlir de la comparaison. Il va falloir bosser un peu dessus. Bon, et j’ai fait un truc un peu bizarre : j’ai essayé une moto… et ce n’était pas une Honda… oui j’ai un peu honte. C’était une Yamaha YZF 125. Celle de Sport Moto 63 (un grand merci à Alexis pour m’avoir fait confiance là dessus). L’essai commence au top vu que je manque de m’en coller une avec une glisse de l’arrière. Mais appelez moi Marquez (au moins), je la rattrape. Et pour ceux qui veulent savoir ce que vaut cette moto face à notre CBR, je vais faire une réponse de Normand : ce n’est pas pareil. La CBR est plus légère et plus agile, la Yam est lourde de l’arrière. Par contre qu’est ce que la Yam freine bien par rapport à la Carotte… d’un côté on a un frein de moto, de l’autre un frein de vélo. Niveau moteur, je dirais que la Yam est plus linéaire que notre CBR, la puissance étant équivalente. J’arrive à claquer un tour en 50 secondes alors que je suis en 48 avec la CBR.

 

Les jolies colonies de vacances

Après le roulage on en profite pour discuter avec nos copains de paddock: Sport Moto 63 bien entendu mais aussi Nandynamite, dont vous allez entendre parler bientôt. Mais il est l’heure de rejoindre notre camp de base. Brice dégaine donc les clefs de sa voiture et décide de battre le GPS. Objectif, arriver en 47 comme le chrono que j’ai fait cet après midi. Autant vous dire que Brice est chaud et qu’il arrive même en 46.

Après ce trajet sportif, nous arrivons au camping qui sera notre camp de base pour le week-end. Nous y retrouvons Marie, Laurie, Claire et Romain qui nous attendaient avec impatience vu qu’ils n’avaient plus de bières. On va faire court sur le camping : ce n’est pas le meilleur logement qu’on ait eu. Bon, ok, c’est le pire. Mais (ou grâce à ?) ça ne nous a pas empêché de bien rigoler. Sauf quand on s’est fait rappeler à l’ordre à 13h du matin. Là, on a filé dans nos chambres comme des ados pris en train de faire des bêtises, ce qui n’est pas du tout notre genre.

Le samedi matin, c’est frais comme des gardons que nous arrivons au circuit. Marie va profiter de la moitié des essais libres pour se familiariser avec la moto qu’elle (re)découvre après sa course à Saint Laurent . Là Marie nous fait un super compliment : elle ne reconnait plus la moto et la trouve top.

 

Cap ou pas cap

Chrono de qualif validé

Suite à son chrono d’hier pour arriver au camping, Brice me lance un défi : claquer un tour en 46 secondes. Alors oui j’ai été le plus rapide le vendredi, mais j’ai fait un gros 47. Vu que je suis pas très malin, je vais quand même faire ce que je peux pour y arriver. Marie part en première pour se faire la main dans la meute. Quelques minutes plus tard je prends le guidon et me lance. Je n’ai pas masse de tours clairs mais j’arrive à être régulièrement en 48. Je me force à aller chercher les dixièmes et je vois un 47.9. Seb prend le relais et là, c’est la révélation. Lui qui n’arrivait pas à aligner deux tours avec le même chrono, oscillant entre 49 et 51, là Môssieur se paye le luxe de tourner en gros 48. Enfin je dis gros mais il y a eu un tour en 48.2. Quand on vous dit qu’on est une équipe homogène. Pour la deuxième qualif, on inverse juste l’ordre de deux derniers pilotes et on fait la même. Seb me fout la pression en me disant que si je ne fais pas la pole de l’équipe, c’est lui qui prend le départ (sauf que c’est Laurie, la Team Manager qui décide et pas lui. Et toc !). Mais, il y a plus de monde sur cette deuxième qualif et nous n’arrivons ni l’un ni l’autre à améliorer. Ouf, même si je n’ai pas relevé le défi de Brice, mon honneur est sauf. J’en profite pour faire un essai de départ et surtout un essai de wheeling. Comme quoi, même avec moins de 15 poneys on a de quoi faire des vlogs #RideSafe #NoGuidonnage

Après une bière, nous allons voir notre place sur la grille : P23. Soit 8e ligne et au beau milieu. Le départ risque d’être musclé, il va falloir jouer des coudes.

 

Jour de course

Brice ne se met jamais la pression

Dimanche, les oiseaux chantent. Nous avons été raisonnables la veille au soir (ou épuisés) et nous nous levons presque tôt et en forme. La pression monte tout doucement, mais la moto est prête, Pierrot et Bricefont les dernières vérifs, Laurie affine sa stratégie de course, Claire et Céline échauffent leurs épaules pour être sûres de panneauter pendant 4h et Romain boit des bières… en nous faisant à manger.

C’est l’heure. Pré-grille, tour de formation, tour de chauffe. Je suis prêt. Un départ est toujours un moment à part. On est dans la meute mais seul dans son casque; l’attention et la tension sont à leur comble. On attend le signal du départ comme une délivrance mais aussi avec un peu d’appréhension.

Le feu s’éteint, et c’est parti. Je fais un départ correct et me retrouve très vite à bastonner avec une concurrente, la #6. Je ne la lâche pas, essayant de trouver l’ouverture. Dont je n’aurai pas besoin car elle chute, percutée par un plus rapide qui, après une sortie dans le bac, tente de passer alors qu’il n’y avait pas la place. Je suis deux mètres derrière elle, et je la vois chuter. Je croise son regard qui me semble bien vide*. Sous mes allures de bûcheron Jurassien se cache un mec un peu (trop) sensible. J’accuse le coup. Je me tâte à demander à sortir, mais un drapeau rouge interrompt la course. Sous le coup de  l’émotion je tremble, heureusement que l’équipe vient me voir. Je reprends mes esprits, et j’espère avoir vite des nouvelles de mon adversaire du jour. On repart pour un nouveau départ, avec les mêmes places que lors du premier. Je m’élance bien mais me retrouve englué dans le paquet à la corde de la première épingle tout en voyant la 63 passer à l’extérieur. J’arrive à me lancer et à avoir un rythme dans mes temps de qualifs, mais je suis tendu sur la machine. Avec mon épaule encore en vrac je force sur le bras droit ce qui me fait me crisper. Je serre les dents et roule.

22, v’la Marie !

Avec la course qui ne va durer que 3h30, on va faire un relais de moins. Seb prend ma suite et se met rapidement dans le bain. Et même si le circuit est étroit et que les spots pour doubler ne sont pas évidents, il ne se laisse pas bloquer derrière des concurrents plus lents. Niveau chrono, il oscille comme moi entre 48 et 49, ce qui nous fait un bon rythme de course.

Au bout de 30mn, Marie s’élance à son tour. Elle est tout de suite dans ses chronos et se paye le luxe de les descendre, claquant même deux 51 d’affilée avec une bécane sur laquelle elle a roulé moins d’une heure. Certains veulent doubler Marie mais on ne la lui fait pas et pendant plusieurs tours on la voit contenir les assauts de quelques gars enragés. Nous oscillons entre les places 20 et 21.

Début de relais, la concentration est à son comble

On va passer en avance rapide les autres relais, histoire de ne pas faire trop de longueur. A la place nous allons parler essence. Normalement durant une course de 4h nous devons remettre quelques litres pour être sûrs de finir sans pousser. Sauf que là avec le deuxième départ, la course ne fait que 3h30. Nous faisons donc un pari : celui de ne pas remettre d’essence. Il nous reste 1h00 de course, Brice jette un œil au niveau d’essence, RAS. A la fin de mon relais, il refait pareil, toujours RAS. On devrait avoir assez. Seb part donc pour la dernière demi-heure. Mais au bout de deux tours il fait signe qu’il veut rentrer. On se doute qu’il y a un problème d’essence, on met en branle la procédure de ravitaillement pendant que Marie se prépare à partir, un souci de pilote n’étant pas exclu. Notre attention s’était relâchée, et ne nous sommes pas aussi préparé que d’habitude: nous perdons quelques dizaines de secondes. Rien de dramatique, sauf que ce long relais nous a fait perdre une place. Nous sommes alors 21. Marie donne tout ce qu’elle a, mais bizarrement ses chronos sont plus lents qu’au relais d’avant. Au bout d’une vingtaine de minutes, elle fait signe qu’elle doit rentrer, elle n’en peut plus. Il nous reste 5 minutes de course. Je prends Seb de vitesse en m’équipant et je pars faire le dernier relais. Sauf que la machine n’avance pas. Pas moyen de passer les 7 500 tours/minute. Ce qui est gênant quand on sait qu’elle marche entre 6 500 et 9 500. J’essaye de cravacher ce que je peux mais l’objectif est surtout de rester sur nos roues, les écarts avec le suivant et le précédant étant généreux. Heureusement le drapeau à damier arrive. Je le passe même deux fois vu que la première fois il n’était pas pour moi mais pour les deux premiers qui se sont battus jusqu’à la fin, leur écart final était de 0,04 secondes. Le gagnant étant celui qui n’a rien coupé quitte à faire un bac après l’arrivée.

De notre côté pas de tel souci. Je suis rejoint par l’équipe dans le parc fermé et c’est l’heure de remballer tout en buvant une bière. Avec le jeu des déclassements, nous finissons au final 19e et 13e de notre catégorie, ce qui nous place 12e de catégorie au championnat. Un résultat en progression qui nous encourage pour la suite !

Séance d’analyse des données du 3DMS

Pour finir, comme à chaque fois, nous avons des personnes à remercier. Nos partenaires déjà : Helite, l’équipement.fr, tiregom, Rider’s E-novation (qui va sortir un écran que nous avons testé pendant le week-end, avec l’aide de Matt) et 25 Power racing (c’est de la balle ton amorto ! Et les repose-pied commencent à être bien usés).

On veut aussi remercier les membres du team qui nous aident, nous chouchoutent et nous permettent de nous concentrer sur la course. Merci Laurie pour ton rôle de Team Manager. Merci Pierrot et Brice, nos deux mécanos en or que le Tech3 nous envie. Merci Céline et Claire pour toute la logistique que vous avez assurée en plus d’un panneautage tour après tour. Sur un circuit où on tourne en 50s ce n’est pas toujours évident. Merci Romain pour la bouffe, la vaisselle (même si tu peux mieux faire 😉 ) et surtout la mise au point de la moto. Merci Marie d’avoir joué la troisième pilote sur cette course. Et même s’il n’était pas là (c’est la première fois), merci Michel pour tout ce que tu fais (je sais, tu vas dire que tu ne fais rien mais tout le monde sait que c’est faux).

 

On va se remettre de cette course, mais pas trop longtemps, car la semaine prochaine on vous annonce un truc. #StayTuned

 

Ah, et pour ceux qui veulent savoir quel est le soucis avec la moto, il y a en au final deux: le réservoir est rouillé. On va donc s’en occuper tout en en cherchant un moins cabossé (si vous entendez parler d’un réservoir pour CBR125 2011 ou après). L’autre soucis va nous demander un peu plus de boulot, car il s’agit du joint de culasse. Mais vu que c’est une opération que nous avons déjà fait, cela devrait se dérouler sans accroc.

 

*Elle va bien, juste un gros bobo à l’épaule.

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