Alès, beaucoup de nouveaux – Poirsouille Endurance Team

Poireaux, en vert et contre tout

Alès, beaucoup de nouveaux

Aujourd’hui ce n’est ni Seb ni Xavier qui rédigeons le CR de la manche finale du 25 Power mais Laurie. Elle nous a connus sur twitter, a bien aimé l’idée de Poireaux Arsouillant et a bravé les routes du Sud Ouest pour nous rejoindre à Alès. C’était aussi son premier gros road trip en solo.

Et pour les photos, on a compté sur Rodolphe, aussi rencontré sur Twitter. C’est un peu (beaucoup) à cause de lui qu’on roule en 125. Il nous avait parlé de la course du Luc et ce qui était une course blague est devenu une passion à temps plein. On en profite aussi pour le remercier car en plus d’être notre photographe du week-end, il a aussi fourni le camion, fait le chauffeur et il nous a régalé avec ses petits plats.

Bien entendu, on remercie aussi La Bécanerie,  L’Équipement.fr et Tiregom qui nous aide pour notre saison. Merci les gars et les filles. 

Bon, trêves de poireautudes laissons la parole à Laurie

Ce week-end, à Alès, nos Poireaux favoris participaient à la finale du Power25 au pôle mécanique d’Alès. Prêts à en découdre avec le Petit Pois, ils étaient loin d’être tous seuls dans les Paddocks. Déjà, grande première Romain venait s’essayer à l’endurance en 125 avec eux. Et de l’autre côté de la piste, Marine (et pas Charline) ainsi que Laurie (et pas Laura) venaient jouer les panneauteuses / mécanos / whatever they needed. Sans oublier Rodolphe, maître coq du week-end, et pourvoyeur de camion de transport des troupes… D’accord. Des motos et outillages divers et variés. Sans oublier Michel, le Team Manager et Jérôme le mécano. Une bien belle brochette de Légumes a donc posé ses valises et ses pneus à Alès, pour deux jours de folie furieuse. De pur frisson. De joie incommensurable… Bref, d’arsouille, de bière et de bonne bouffe.

Une partie de l’équipe : Seb, Xavier, Jérôme, Marine et Rodolphe, à des degrés divers de préparation et de concentration

Les hostilités ont commencé le samedi matin, par des essais, histoire de faire ou refaire connaissance avec le circuit, de brûler un peu de gomme… Et de former les noobs et noobettes à leurs postes si besoin. C’est Xavier qui prendra le départ sur le Petit Pois pendant que Romain, lui, démarrera sur la Carotte, petite sœur de la première. Les pneus chauffent, les pilotes s’échauffent. Le top départ est lancé, nos deux pilotes aussi… Mais un drapeau rouge vient perturber la séance d’essais. Retour au box pour les pilotes, une aubaine pour Xavier qui avait repéré un dysfonctionnement de la poignée d’accélérateur du Petit Pois. Cette pause inopinée nous servira aussi à faire des essais sur les relais, pour savoir qui ira à quelle position. Bref, une séance à blanc pour s’assurer de la coordination de chacun. Même si ce n’est pas en conditions réelles, c’est un petit plus dont on ne se prive pas.

Le Petit Pois gagne un bon duel

Pendant la pause repas, on a aussi voulu faire passer la Carotte au banc de puissance, malheureusement, cette dernière nous a fait un caprice et a littéralement pété un fusible. Nous avons donc fait une révision express de « comment trouver une panne et la fixer rapidement ». Il semblerait que ce soit le coupe-circuit qui fasse des siennes – heureusement, ce ne fut pas pendant les essais !

A 16h00, les essais ont repris, cette fois, nos pilotes se servent uniquement du Petit Pois et c’est Seb qui prend le départ. Il y a tout de même 43 bécanes sur la piste, sur un circuit de karting, ça en fait du monde ! Le premier tour est chronométré à 1mn16, mais très vite, Seb trouve son rythme et descend à 1mn10 ce qui est respectable. Du côté du panneau, on se prend au jeu et on guette le Petit Pois et la baisse du chrono. On en prend plein les oreilles mine de rien et l’odeur de l’essence brûlée nous chatouille les narines. Très vite, il est l’heure du premier relais. Romain s’élance pour la première fois sur le Petit Pois. Son premier chrono est à 1mn12, il réussit ensuite à descendre à 1mn09 et reste dans les constantes. Au bout d’une dizaine de minutes, il cède le guidon à Xavier, qui lui aussi tourne aux alentours des 1mn10.

Trois cerveaux de pistards ne sont pas de trop pour analyser tous ces chiffres

A la fin des essais libres, il reste environ trois quarts d’heure avant les qualifications qui sont mis à profit. Pas de repos pour les braves : les essais sont décortiqués à l’aide du 3DMS prêté par eRiders Innovation.

Chaque trajectoire est analysée et prise en compte pour donner le meilleur lors des qualifs. Nos trois pilotes en veulent. Et le reste de l’équipe aussi. Jérôme nous rejoint à ce moment là. On opte pour Romain – Seb – Xavier en ordre de passage, misant sur l’envie de tout arracher de Xavier pour clôturer en beauté les qualifications (Note de la rédaction : et surtout de la capacité de Romain à claquer des chronos rapidement).

L’heure fatidique des essais arrive, Romain, totalement Reyvolté (jeu de mots totalement assumé) arrache un magnifique 1mn06 alors qu’il est parti dans le peloton de tête. Pression de la meute ou rage de vaincre ? Ça fonctionne dans les deux cas. D’entrée de jeu, cela annonce une place de 15/43, mais il reste encore du temps et des tours à faire, il ne faut pas se reposer sur nos lauriers. Cela dit, ça booste le moral des troupes. Même s’il y a une belle constance, au moment du premier relais, nous sommes 21èmes, mais cela ne décourage pas Seb. Ni les quelques drapeaux jaunes qui s’agitent de temps à autres. Aujourd’hui tout le monde en veut. Tout le monde s’arrache. Seb nous fait aussi des beaux chronos, 1mn09 en moyenne.

Drapeau rouge, rien ne bouge ; drapeau vert, j’accélère !

La pression monte un peu, la concurrence est féroce. Le Petit Pois et son pilote donnent tout, mais nous sommes 30èmes au dernier relais, qu’importe, on ne lâche rien. Xavier s’élance, des drapeaux jaunes s’agitent, mais il est imperturbable, la tête dans la bulle – vu la taille du spécimen et du Petit Pois, c’est un exploit.
La journée a été longue et il faudra « malheureusement » se contenter de la 32ème place. C’est loin de nous refroidir pour autant. La Poirsouille Endurance Team ne s’avoue pas vaincue ! Surtout que si l’on se rapporte à la catégorie, nous sommes 13/21, ce qui est fort respectable. Après tout, ce ne sont que les qualifications. On a encore le temps de se surpasser pendant la course.

Juste avant le briefing officiel, un petit bricolage parce que le pot à un peu frotté. Quand ils mettent de l’angle, les poireaux ne font pas semblant ! Le soir, après un repas concocté par Rodolphe, c’est l’heure du Grand Debrief et de la Proposition de Stratégie pour le lendemain. Michel, maître d’orchestre, fait participer tout le monde et laisse les pilotes proposer tour à tour leurs idées d’ordre de passage pour le premier relais. Le choix s’arrêtera sur Xavier, puis Seb et enfin Romain. L’exact opposé des qualifications.

Le Jour J – moitié « oh putain », moitié « poussez-vous, c’est MA course »
Xavier et Seb se partageront le peu de temps accordé au warm up le matin. La course n’est qu’à 14h15, ce qui nous laisse du temps pour profiter de la cuisine de Rodolphe, parler Stratégie, bricoler le pot du Petit Pois… Décorer l’intérieur du carénage au marqueur. On tue le temps comme on peut. Et puis, finalement, l’heure H vient bien trop vite. Du côté du panneautage, il y a beaucoup de monde massé sur le bord de piste. Heureusement, on avait réservé notre place.

Panneauteuse éblouie par le panneau jaune canari

Xavier lance l’offensive, être en fin de grille ne lui fait pas peur, derrière son casque a écran fumé on devine sans mal un sourire carnassier. Le premier tour est à 1mn10, mais il cravache sec pour gagner autant de secondes que possible. La précision d’un horloger suisse, il reste aux alentours des 1mn08, pulvérisant son chrono des qualifs et commence à gagner quelques places au classement.

« Gaaaaz, et plus vite que ça espèce de feignasse »

Note de Xavier: j’ai un peu raté mon départ, en laissant le rupteur intervenir. Mais j’ai pas lâché pour autant et j’ai remonté petit à petit les concurrents les moins rapides. Y a eu de belles bastons entre gentle(wo)men, du genre qui te donnent envie de pourrir l’autre, mais avec une énorme banane sous le casque. 

Fin de la première demi-heure, premier relais et Seb s’élance, la rage de vaincre au cœur et la bave aux lèvres. Visiblement, ça gagne. Lui aussi part à 1mn10 et pile lorsqu’il signe son meilleur temps, un drapeau jaune, suivi d’une Safety Car. Nous avons quand même gagné 4 places au général. Les drapeaux jaunes s’enchainent à la sortie de la Safety Car, mais Seb s’accroche. Xavier vient même agiter le panneau pour booster son coéquipier (note de Seb : et je ne le vois pas du tout).

Fin de la seconde demi-heure, second relais, Romain s’élance, prend le rythme et dès le second tour claque un 1mn07.6 ponctué d’un magnifique dépassement. Il nous laisse tous pantois et on s’accroche, on est rivé au #22. D’autant plus qu’on découvre qu’on a encore gagné 3 places ! Et là, cerise sur le gâteau, il signe le meilleur temps de l’équipe à 1mn05.5. Explosion de joie.

Romain talonné par un concurrent vert de rage

Xavier reprend le guidon pour laisser Romain souffler un peu. Quelques minutes à peine sur la piste et voilà qu’une seconde Safety Car apparait : une moto s’est couchée en travers de la piste. Côté panneau, on flippe un peu le temps de voir les couleurs de la bécane et du pilote. Petit soulagement quand on voit que ce n’est pas notre poireau. Mais voir un pilote quitter la piste sur gamelle, ça ne fait jamais plaisir, surtout si c’est par ambulance, même si c’est probablement peu grave. On refait le point sur le classement et là, stupeur : nous sommes dans le top 10 de la catégorie. A la 8 ème place même. La course finit par reprendre et Xavier ne lâche rien. Une troisième Safety Car apparait au bout de quelques minutes à peine. Nous avons un tour d’avance sur le neuvième.

Coordination et précision sont les maîtres mots du relais

Michel décide de faire un relais pendant la Safety Car. Les relais sont moins espacés, nos pilotes font des temps équivalents, et comme ça, tout le monde roulera autant. Malgré cette stratégie, Seb fera le relais entier sous Safety Car. Romain rentre pile quand la course reprend. Il reste constant dans ses temps et nous maintient en bonne place jusqu’à son relais.

Xavier revient dans la course, il n’a que 30s d’écart avec son prédécesseur. Ça peut se jouer, sans trop de risque. Il descend l’écart à 12s. ça se maintient, mais Xavier ne relâche pas la pression. Coté stand, on y croit aussi. On ne sera peut-être pas sur le podium, mais on reste dans le Top 10. C’est électrisant. 22ème au général, 10ème en catégorie. Et là, c’est le drame. Les poireaux n’ayant pas encore goûté le gravier du circuit, notre pilote a réussi à planter son cale-pied dans la piste et glisser un p(n)eu. La légende raconte que son ego a fait se lever le vent sur la piste en se dégonflant (Note de Xavier : faux, c’est le soupir de soulagement de Seb et Romain : aucun des deux n’a été le premier à tomber) … Plus de peur que de mal. Vociférant dans son casque (Note de Xavier : jurer comme un charretier serait plus proche de la vérité), il rentre au stand.

Xavier, un peu gonflé par sa chute

Le temps de changer de repose-pied (Note de Xavier: tout en continuant à râler) et d’envoyer Seb rouler, le couperet tombe : nous sommes désormais 29ème au général. (Note de Seb : je quitte le stand déterminé à bien finir cette endurance mais pas encore en confiance après la chute. Et j’ai eu tort : la réparation de Xavier tient le coup, tout juste un peu de flottement dans le levier d’embrayage).

Clé de 12… vis à tête hexagonale… pince multiprise… PINCE MULTIPRISE !

C’est un coup dur, mais Quick, vaillant, ne lâche rien et se démène. A quatre tours de la fin, il grappille une place (Note de la rédaction : un gars est tombé). Nous terminerons donc 28ème au général et 14ème en catégorie. Mais, et c’est là l’essentiel, nous avons terminés sur nos roues. Pas d’abandon. Chacun se sera surpassé, quel que fut son poste. Alors, oui, il y a forcément de la déception, c’est la loi du sport. Mais il y a surtout de la fierté. D’avoir tout donné. D’être allé au bout. D’avoir gagné quatre places par rapport à notre position au départ de la course. Comme l’a dit Oscar Wilde, « Il faut toujours viser la lune, car même en cas d’échec on atterrit dans les étoiles. » Je crois qu’on a frôlé la Lune. Et qu’on est tous rentrés des étoiles pleins les yeux. Mais c’était peut-être seulement les phares des voitures que nous avons pu croiser en rentrant de nuit.

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