Des hauts et des bas

 

Le 3 avril dernier, on roulait à Lédenon. C’est un circuit sur lequel on va une à deux fois par an, un peu pour s’y mesurer, et surtout pour se faire plaisir. Il y a de quoi faire dans les deux cas, avec des dénivelés impressionnants et des virages en aveugle. Après la mise en jambe du Luc la semaine passée, on voulait repartir du bon pied sur la CBR 1000 qui nous reste. Xavier roulera dans le groupe des moyens et Seb dans celui des débutants (faute d’un chrono de référence digne de ce nom). Et surtout, nous allons rejoindre Romain qui courait en Promosport Découverte la veille. Ses conseils et ses encouragements nous seront utiles.

Le dimanche soir, après trois heures de route peu passionnantes, nous arrivons donc au circuit et trouvons vite le paddock de la Pooky Racing Team, dans lequel Romain fête sa troisième place du jour. Nous installons notre barnum et nous joignons à la fête. Surimi et Pasta Box, on ne regarde pas à la dépense pour l’occasion.

Après la victoire de Romain, la Pooky Racing Team se lâche

Puis nous passons la nuit sur le paddock, sous les flapotis (non, ce mot n’existe pas) du barnum qui claque au vent toute la nuit. Nous nous réveillons donc presque frais et dispos. L’inscription est une formalité et le café réchauffe les estomacs. Nous sommes rejoints par Kevin, une connaissance de Twitter, qui pilotera sa R6 dans le même groupe que Seb. Pooky quant à lui roule en GSXR 600 dans le groupe des pilotes. Munis de notre expérience et des premiers conseils de Romain, nous nous élançons chacun notre tour. Et les débuts sont rudes. Les chronos ne descendent pas, et ni Xavier ni Sébastien ne sont très à l’aise sur la moto. Mais ce n’est que l’échauffement.

Pourtant toute la matinée nous restons en deçà de nos chronos de référence. Seb a du mal à trouver un rythme et même quand il arrive sur des pilotes plus lents que lui il ne trouve pas d’ouverture pour doubler. Xavier quant à lui commence à accélérer plus fort et freiner plus tard. Son chrono s’améliore mais il lui reste encore à gagner 4 secondes pour retrouver son meilleur temps. A la pause de midi nous faisons un bilan avec Romain. Il nous enjoint à sortir de notre zone de confort, ce qu’avait commencé à faire Xavier. Une méthode pour ça est de changer de rapport à des moments clés, pour se forcer à être mobiles sur la moto et lui imprimer de l’allant. Le 1000 permet de rester en seconde pendant la majeure partie du circuit, mais ça n’incite pas à lui faire cracher les watts. Bref, il faut faire vivre la moto.

Allez, un peu de gnaque, on a un pneu arrière à finir. Le repas a redonné de l’énergie aux deux pilotes. Seb se sent plus à l’aise sur la moto, il parvient mieux à la balancer sur l’angle. Il trouve plus d’occasions de doubler les pilotes les plus lents. Il lui reste à travailler sur le freinage tardif, et surtout sur la remise des gaz en sortie de courbe. Xavier lui aussi change ses habitudes de pilotage pour s’appliquer à passer plus de rapports. Les repères changent mais c’est pour la bonne cause. Mais lui aussi se retrouve enlisé dans les courbes.

Go, go, go, on ne lâche rien !

A la fin de la première session, on change l’arrière qui est rincé, pour un autre arrière lui aussi en fin de vie. C’est reparti, mais un incident a changé la donne : un pilote du groupe le plus rapide répand de l’huile sur la fin de la ligne droite des stands, et surtout dans l’entrée du premier virage, le triple gauche. Les sessions reprennent mais la trajectoire d’entrée en courbe est complètement différente : pour éviter de rouler dans la bande d’absorbant on perd les deux tiers de la largeur de la piste au moment d’attaquer le virage. Sur le reste du circuit aucun problème, on peut continuer à bosser.

Oh la belle trace !

On a de quoi faire : reculer les repères de freinage, se lancer dans les virages avec suffisamment de vitesse, remettre gaz en grand dès que le point de corde est passé. Mais aussi pousser les rapports, passer la 3 ou la 4 même si c’est pour une seconde avant de freiner. Il faut toujours trouver à emmener la moto un peu plus loin, et la pousser un peu plus tour après tour. Ah, et aussi trouver les bonnes trajectoires. Seb devra aussi dépasser les débutants dans son groupe dès que possible. Et le plus important : se faire plaisir, sur un circuit qui est aussi fait pour ça.

Bon, est-ce qu’on a réussi ? Manifestement non, et c’est ce qui nous laissera un goût de déception. On s’est appliqués, on a suivi les conseils de Romain et entendu ses critiques. Mais la gnaque nous a fait défaut. A force de rouler en 125, est-ce qu’on a perdu en performance en 1000 ? Non selon notre Team Manager. Mais difficile de courir deux lièvres à la fois. On a passé l’hiver à préparer, découvrir puis s’entrainer avec le Petit Pois ; il aurait fallu désapprendre tout cela pour se replonger dans le pilotage complètement différent d’une hypersport. Pour un résultat peu productif, car nous avons une course du championnat 25 Power à préparer !

Alors, la suite ? On  continue à armer le Petit Pois pour ses prochains exploits : tirage rapide et démultiplication sont au programme. Quant à l’avenir en gros cubes, ce sera avant tout pour se faire plaisir.

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