Comment transformer votre moto en pistarde de compétition : Partie 1

Salut les p’tits loups ! C’est l’heure de notre rubrique « l’atelier de la PET ». Aujourd’hui, nous allons prendre une moto de route tout ce qu’il y a de plus standard, et la rendre prête à poutrer de la pistarde et passer le drapeau à damier. On travaillera sur le Petit Pois, une CBR 125 de 2015, le modèle le plus récent. Vous êtes prêts ? C’est parti.

« Avant, je trainais mes gommes sur route… mais ça c’était avant »

Un petit mot avant de commencer : vous êtes prêts à ce que votre moto ne revoie plus jamais la route ? Parce qu’on ne va pas faire dans le détail et si les bleus vous chopent avec la moto préparée ils n’auront que l’embarras du choix.

Donc : Etape 1, on vire tout ce qui ne sert pas.

Carénage ? On enlève. Clignos, rétros ? On vire. Plaque minéralogique ? A part comme aérofrein, elle ne servira pas. Klaxon ? Interdit en compétition. Béquille ? Idem. Selle ? Tout dépend du poly piste que vous allez mettre, mais nous on n’en aura plus besoin.

A partir de là il y a deux axes de transformation. Rendre la moto conforme au règlement technique du championnat 25 Power, et faire en sorte qu’elle ne soit pas ridicule sur piste. Aujourd’hui, on va se concentrer sur la livrée de nos 15 poneys fringants.

Etape 2 : le poly

Pour un beau poly de piste personnalisé, il vous faudra :

  • Un poly de piste : tête de fourche, sabot, coque arrière
  • Une selle en mousse autocollante
  • Vis, écrous et rondelles en tout genre (y compris des écrous indesserrables et des écrous borgnes)
  • De la tige filetée
  • Barres de téflon de 2 et 5 cm de diamètre
  • Rondelles de caoutchouc (joints épais, au rayon plomberie de votre magasin de bricolage). Il faudra agrandir le trou intérieur au diamètre de vos vis
  • Vis quart de tour pour fixer le poly
  • Plat en aluminium, pour y tailler des pattes de fixation en tout genre

On s’est procuré un poly de CBR du modèle précédent : tête de fourche et sabot. Évidemment, il n’est pas plug and play. La tête de fourche viendra se fixer sur l’araignée là où se trouvaient les rétros. Pour les flancs et le sabot, il faudra adapter. Nous avons repéré des pas de vis assez proches des endroits adéquats, il ne nous reste plus qu’à fabriquer des pattes de fixation. Pour ça, il vous faut un plat en alu de bonne largeur (4.5 à 5 cm), à découper et percer. Pourquoi si large ? Parce que nous fixerons le poly avec des vis quart de tour, dont la base sera rivetée aux pattes en alu.

Oh la belle patte que voici

Nous en profitons pour fabriquer des tampons de protection à fixer sur les flancs de la moto. On s’est procurés une barre de téflon de 5 cm de diamètre dans laquelle on a découpé deux pièces de 3.5 cm de long, percées en leur centre à la perceuse à colonne*. Les pas de vis sur les flancs du cadre serviront pour visser les pattes de fixation de la tête de fourche et les tampons.
* un socle de perceuse à colonne et un étau coûtent une cinquantaine d’euros, c’est un investissement bien utile.

Un pas de vis si bien placé, il faut en profiter

Pour la coque arrière, nous avions la pièce idéale : une coque arrière de CBR 1000 RR. Profilée, avec une assise large… et absolument pas adaptée à la boucle arrière de la 125. Du coup, on sort les outils du bricoleur : perceuse, Dremel, scie à métaux. Il vous faudra aussi de la tige filetée et du plat en alu. La particularité de notre coque est qu’elle est en deux parties. La partie inférieure ne s’adapte pas bien à la boucle arrière ? Qu’à cela ne tienne, taillons dans le vif, au dremel. Nous sommes également gênés par la boucle arrière de la moto ? Sortons notre plus belle scie à métaux et retirons ce qui dépasse (on vous avait prévenus). Nous en profitons pour tailler une ouverture pour le feu arrière.

La coque arrière aura quatre points de fixation : à l’arrière dans les trous prévus à cet effet, et à l’avant de part et d’autre de l’assise. Pour l’arrière, la moto dispose de pas de vis presque idéalement placés. Tout est dans le presque évidemment. Nous avons donc taillé une patte en alu pour percer les trous de fixation au bon endroit. Pour l’avant, la boucle arrière de la moto est bien trop basse par rapport au poly. Nous avons donc créé des points d’appui de la longueur adéquate (7 à 8 cm tout de même) avec la barre de téflon de 2 cm. Percés en leur centre, ils accueillent une tige filetée qui viendra se visser dans la boucle arrière d’une part et au dessus du poly d’autre part.

Pour la selle, nous avons acheté de la mousse autocollante prévue à cet effet. Nous l’avons découpée à la forme adéquate puis collée en enserrant la coque avec des sangles pour que la mousse épouse bien la courbe du poly. Il suffit qu’un coin soit mal collé pour que la selle se décolle petit à petit, alors on insiste bien sur les bords.

Nous allons percer le sabot de deux trous d’évacuation pour éviter l’accumulation d’eau en cas de pluie. Deux coups de scie cloche, et c’est fait. Mais le règlement impose que le sabot doit pouvoir contenir l’huile du moteur en cas d’avarie. Nous avons donc adapté des embouts de boite de dérivation aux trous du poly. Nous avons aussi collé de l’adhésif pare-chaleur dans le sabot car le collecteur n’est pas loin.

Présentation du sabot avant de réaliser les pattes (non il ne tiendra pas seulement avec du scotch, on n’est pas à l’arrache à ce point)

Que nous manque-t-il ? La bulle ! Nous pouvons réutiliser celle d’origine. Les fixations des rétros servent aussi à maintenir la bulle. Il nous faut des vis de la bonne longueur, des rondelles et des tampons en caoutchouc pour protéger le poly et amortir les vibrations.

La bulle a l’air haute vue d’ici, mais difficile de se planquer derrière dans les lignes droites !

Etape 3 : la déco

Avec nos différentes pistardes nous avons expérimenté trois méthodes de décoration :

  • Peinture à la bombe,
  • Peinture au pistolet,
  • Covering avec planches autocollantes

Cette fois-ci, nous avons opté pour la peinture à la bombe, et des planches autocollantes type Venilia. Un poly c’est beau de loin, mais loin d’être beau : ceci pour dire qu’on a décidé de ne pas se prendre la tête et qu’un résultat joli, sans être parfait, nous conviendrait. Pour la peinture à la bombe il vous faut des tréteaux et un local adapté (prévoir le masque de peinture), ou en extérieur avec une journée sans vent. Le mode opératoire est simple, mais soyez précautionneux sur l’exécution

  • Poncer les pièces au papier de verre grain fin (600 à 1000), mouillé au préalable,
  • Passer une couche d’apprêt,
  • Après séchage, attaquez la peinture. Si vous optez pour une déco multicolore, masquez les parties à ne pas peindre avec du scotch de masquage (et du papier journal pour les grandes surfaces). Insistez sur le collage du scotch, sinon gare aux bavures !
  • Deuxième couche de peinture car le blanc n’est pas très couvrant…
  • Troisième couche… pour garder les chances de votre côté et éviter les couches à répétition (2h entre chaque couche quand même), faites plusieurs passes sur le poly. Mais attention, ne surchargez pas la pièce sinon vous aurez des coulures, et c’est reparti pour du ponçage et une nouvelle couche.
  • Avant séchage complet, enlevez le masquage précautionneusement,
  • Puis une fois que tout est sec, masquez ce que vous venez de peindre et passez à la couleur suivante. Pour nous ce sera du noir, qui lui est couvrant. Une seule couche suffit.
  • Nous avons ensuite posé les autocollants, puis tout passé au vernis pour bien fixer les découpes.

Pour placer les autocollants, voici quelques astuces. Munissez-vous de votre trousse de beauté :

  • Utilisez un mini-cutter pour découper le Venilia, à trouver au rayon scrapbooking de votre boutique d’arts décoratifs préférée.
  • Pour le placement, passez la surface du poly à l’eau savonneuse, pour  avoir le droit à l’erreur et pouvoir replacer les autocollants.
  • Utilisez une carte rigide pour chasser les bulles.
  • Passez l’autocollant au sèche cheveux pour qu’il épouse mieux les courbes du poly.
  • Enfin, si vos découpes se terminent en pointe, mettez du vernis à ongles transparent dessus pour éviter qu’elles ne se décollent.

Votre moto brille de mille feux, vous faites l’admiration de tous sur les paddocks. Mais vous ne pouvez pas pour autant prendre la piste : la bécane n’est pas encore totalement conforme au règlement technique, et au premier virage les repose-pieds d’origine frotteront méchamment si vous ne déhanchez pas à mort. Nous remédierons à cela au prochain épisode !