Un panneau… pour panneauter

Comment ça c’est évident ? Pensez un peu à ceux qui ne regardent pas les moto GP et qui ne se sont pas posé la question de savoir comment communiquer entre le Team Manager et les pilotes. Car oui, il n’y a pas d’oreillette en Moto GP ou en endurance mondiale. Tout le monde est logé à la même enseigne. Ou plutôt au même panneau.

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Ce rectangle contient les informations nécessaires pour le pilote, celles dont il a besoin et surtout qu’il doit assimiler en quelques dixièmes de secondes. On a pu tester la technique du cahier blanc et feutre lors de la course de Romain. En discutant avec lui on a bien compris que c’était mignon mais pas très pratique. En plus de la difficulté de passer les bonnes infos, il y avait le fait que cela ne soit pas lisible. Forts de cette expérience, on a décidé d’avoir un vrai panneau. Puis on a regardé les prix. Ah oui. Ah, et en plus faut doubler la mise pour avoir les chiffres. Ah ouais… ben euh, merci, on va réfléchir.

Alors on a réfléchi. On a aussi écumé le net pour voir s’il y avait un moyen de gagner au loto ou de faire un panneau soi-même. Et on a trouvé des trucs. Pas pour le loto par contre. On s’en est inspiré et on a fait un beau panneau, sobre et de bon goût. Et comme on est du genre partageur, on va vous expliquer comment on l’a fait et pour quel budget.

Matériel :

  • Un plaque de matériau composite résistant à l’eau. Il parait que le plexi ça marche aussi. Il faut un matériau qui résiste à l’eau, pratique si le temps est merdique. Nous on a pris une « planche » faite pour les milieux humides, trouvée à 15 euros dans un magasin de bricolage. Il faut surtout trouver une planche légère car le panneauteur ne sera peut être pas culturiste. Il faut donc proscrire le bois massif.
  • Du papier A5. Ou A4.
  • Des plastiques à plastifier (11 euros les 100)
  • De la peinture
  • Du velcro (6 euros)
  • Des coins de table en caoutchouc (4 euros)

Outils :

  • Dremel (ou un cutter + petite scie si vous n’avez pas de Dremel)
  • Une règle
  • Un crayon
  • Pinceau
  • Plastifieuse
  • Mètre
  • Imprimante
  • Massicot (un cutter et une règle ça marche aussi)

Il faut commencer par faire les trous des poignées. Rien d’extravagant pour nous, on en a fait deux au dessus et trois sur le côté. Commencez par faire la marquage avec le mètre, la règle et le crayon. Le plus dur est de faire un bel arrondi, surtout si vous n’avez pas de compas. Perso, on a utilisé un couvercle de petit pot pour bébé.

Un bon artisan a de bons outils
Un bon artisan a de bons outils

Ensuite on passe à la découpe au dremel. Prenez votre temps pour faire un truc propre.

La première étape: la découpe
La première étape: la découpe

Une fois que les découpes sont faites, on peint. Vu qu’on était en train de repeindre l’appartement de Seb, on a profité pour piquer de la peinture. Une première couche de blanc, puis on a osé la couleur: le jaune. Ouais, Seb a un mur jaune chez lui. On allait pas gâcher de la peinture. En plus, ça donne un petit côté  #sudie qui nous va bien, tout en étant sobre et discret bien visible.

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Pour l’instant, ce panneau est bien sobre …

Passons ensuite aux chiffres. Vu la taille de notre panneau, on voulait pouvoir afficher trois caractères par ligne, et trois lignes. On a décidé de faire simple avec les mots :

  • BOX : pour dire au pilote de rentrer au box
  • SLW : pour dire au pilote qu’il peut relâcher les gaz. Ça peut paraitre bizarre au premier abord, mais ça peut être intéressant en fin de course pour éviter que le pilote ne prenne des risques s’il a une confortable avance sur son concurrent direct. Les plus anglophones d’entre vous auront bien entendu compris que SLW est pour slow. On aurait pu utiliser BK (Breaking – Frein) comme en GP, mais notre Team Manager nous a fait remarquer que c’était assez proche de Box, et donc qu’il y avait un risque de confondre.
  • GAZ : faut vraiment vous l’expliquer celui là ?
  • L : pour Lap (Tour). Utile associé à un nombre pour dire qu’il reste tant de tours avant de faire un arrêt au stand ou avant la fin de la course.
  • P : pour position
  • + : si jamais le Team Manager voulait nous faire faire des additions pour nous garder en éveil.
  • Des chiffres. Plein. 4 fois chaque en fait.

Avec tout ça il y a de quoi faire suffisamment de combinaisons pour perdre le pauvre pilote dans la ligne droite.

Les mots de trois lettres ont été imprimés sur du papier A4 en format paysage et tout le reste au format A5. Si comme nous vous n’avez pas de papier A5, c’est là que vous utilisez le massicot pour couper en deux vos feuilles après l’impression. Et soyez un peu écolo, imprimez deux caractères par feuille.

Une fois ces 46 symboles imprimés, il faut les protéger. C’est là qu’on fait chauffer la plastifieuse… et qu’on apprend la patience si comme nous vous avez une plastifieuse lente.

Non, 428 n'est pas notre chrono, c'est notre numéro
Non, 428 n’est pas notre chrono, c’est notre numéro

Reste maintenant à fixer les chiffres au panneau. Et c’est là qu’on sort le velcro. On a pu en récupérer une belle quantité donc on a fait de larges bandes sur le panneau et de plus petits sur les chiffres. Comme pour le plastifiage il faut s’armer de patience. Et se rappeler que le velcro a un sens.

Ceux qui ont tout lu doivent se demander pourquoi dans la liste des fournitures il y a des coins de table. Tout simplement pour protéger les coins du panneau si la matière que vous avez utilisée est un peu fragile. Ainsi, le panneauteur pourra poser le panneau sans se prendre la tête.

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Et voilà un panneau qui sera bien visible dans la ligne droite des stands !

Pour nous, le panneau est revenu à moins de 40 euros, avec pas mal de récup. Comparé aux 130 euros d’un « vrai » panneau, on est assez contents. On validera le montage le 4 et 5 mars !

Reste plus qu’à penser à regarder le panneau dans la ligne droite.

 

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