Métamorphose d’hiver

Il est facile de voir s’ébattre des motos dans leur habitat naturel quand viennent les beaux jours. Les routes bruissent de leurs vrombissements et coups de gaz sur les petites routes. Elles papillonnent et virevoltent avec aisance autour des pataudes automobiles.

Mais qu’en est-il pendant la saison froide ? Où nichent ces petites mécaniques, dont seules les plus courageuses bravent les frimas ? Nous avons eu la chance d’en trouver une dans son habitat naturel. Une CBR 125 R qui a regagné le garage à l’orée de l’hiver. Et nous avons été émerveillé par ce que nous avons vu : la petite CBR 125 qui naguère arpentait les routes a entamé une mue qui la verra sillonner avec vaillance les virages des circuits.

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A l’abri de son cocon, la CBR 125 R prépare sa mue d’hiver

Tout d’abord, elle a perdu ses leviers d’origine pour arborer des leviers courts, et surtout réglables. Et ce n’est pas un luxe vu que le point de patinage de l’embrayage est loiiiiin.

Mais le changement le plus impressionnant est la perte de son carénage d’origine pour un poly piste. Première étape, retirer le carénage. Ce ne fut pas une mince affaire, surtout au niveau de la tête de fourche. Et il faut faire attention à tous les détails, nous le verrons plus tard. Pour l’instant, nous n’avons pas de quoi l’habiller complètement. Mais nous avons fait bon usage d’une coque arrière de CBR 1000 inutilisée : après moult perçages et rabotages elle s’adapte. Presque. Oui, il faudra aussi faire des pattes de fixation sur mesure. Mais le plaisir réside aussi dans ce que l’on crée.

Vous l’avez compris, ce n’est que le début. Il nous faudra adapter une tête de fourche et un sabot (oui, adapter, car nous n’avons pas trouvé de poly aux mesures de notre version 2015). Pour la rendre conforme au règlement, nous fixerons une dent de requin sur le bras oscillant, un feu arrière sur le poly, et installerons un bracelet coupe-circuit et des protège-leviers. Il faudra aussi offrir à notre CBR anonyme (mais il est encore temps de participer au concours !) des durites avia et des commandes reculées, pour avoir une freinage constant et une garde au sol nous permettant des prises d’angle digne des pilotes de GP-M (GP pour Grande Poule Mouillée). Encore un challenge pour nos deux poireaux bricoleurs, car la tige de sélecteur de la CBR est coudée des deux côtés (et non réglable par conséquent).

Il nous faudra aussi trouver une trappe de réservoir manuelle, afin de faciliter les ravitaillements.

On devra aussi jouer de la perceuse pour freiner les vis qui doivent l’être, tout en gardant à l’esprit que nous devons aussi trouver une place pour le bidon dans lequel viendront finir les reniflards.

Pour le reste (moteur, suspensions, direction), ce sera full stock ! Mais on pensera peut-être à la nitro quand on se sera fait pourrir sur circuit par des gamins de 12 ans.

Des heures d’amusement en perspective. Voir même quelques moments tendus. On a d’ailleurs failli en avoir un samedi dernier, quand on n’a voulu vérifier que la moto démarrait bien. Oh, elle a bien démarré, et c’était chouette, y avait même un truc orange qui clignotait sur la tableau de bord. On a d’abord pensé que la petite CBR avait l’esprit de Noël, et clignotait au rythme de 5 longs et 4 courts. On a donc cherché à comprendre son message, et c’est (encore) sur le forum CBR125R que nous avons trouvé la solution : ah oui, nous n’avions pas rebranché le capteur de chute. En même temps, est ce vraiment nécessaire vu que nous ne tombons pas.

Voilà, ceci était la chute de l’article. Sûrement téléphoné mais on espère qu’on vous a quand même arraché un demi sourire. Sur ce on vous laisse, on a plein de boulot.

 

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