Projet Radis Rose: le test

Ça y est, notre superbe radis rose était monté de ses nouvelles gommes, les Heidenau K80 (merci à Avon pour nous les avoir fournies si rapidement), on était au Luc, il faisait beau, bref, du plaisir en perspective.

C’est Seb qui commence le bal (une sombre histoire de pari), on va donc commencer par récolter son avis:

Enfin une bécane où je peux tenir les deux pieds à plat, et qui braque. On dirait presque un jouet. Je démarre, première, et… je cale. Ah oui j’avais oublié, il va falloir composer avec le moteur. Je passe au sonomètre sans souci avec 96 dB et je m’élance. Première, deuxième, et rupteur. Zut. Troisième, encore un rupteur, alors que j’ai l’impression de m’être à peine élancé. Il va falloir tricoter avec la boite si je ne veux pas me retrouver à l’arrêt en permanence.  Question puissance, il faut arriver à gérer les 15 chevaux… c’est à dire savoir comment les trouver et les utiliser le plus efficacement. Pour l’instant, les pneus même neufs et froids sont à l’aise avec le peu de rythme que je donne. Je comprends vite deux choses. Premièrement, il faut freiner un minimum, voire pas du tout pour perdre le moins de puissance possible en virage. Deuxièmement, il faut déhancher le plus possible car la garde au sol est ridicule. Résultat, je tends les bras au maximum pour me décaler sur la moto, et je prends des angles ridicules. Mais ça vient. Je commence à prendre des repères pour les passages de rapport, même si le rupteur se fait entendre un peu trop souvent. Bien que l’allure en ligne droite soit ridicule, et les trajectoires approximatives, je m’amuse comme un petit fou pendant cette première session.

Lors de la session suivante je profite de mon expérience, des retours de Xavier et des conseils d’Eddy qui nous prête la moto. J’apprends à écouter le moteur pour passer les rapports sans avoir le nez rivé au compteur. Je travaille ma position pour bien déhancher, pencher et enfin frotter le genou. Et je retarde au maximum mes freinages pour entrer en courbe avec le maximum de vitesse. Qu’est-ce que c’est jouissif de déclencher un virage en 5ème sans couper les gaz !

Seb à l'attaque

On en a aussi profité pour se chronométrer pour voir nos performances et notre progression. Je tourne en 1:39 contre 1:12 au mieux en CBR. Mais la comparaison n’est pas vraiment pertinente tant les deux bécanes se pilotent différemment. Et c’est là qu’il va falloir progresser : trouver les trajectoires adaptées, perdre le moins de vitesse possible, bref optimiser le pilotage aux petits oignons, car nous n’aurons pas le droit à l’erreur pendant la course, face à des couples machine/pilote plus légers et plus performants. Mais on est déjà assurés de vraiment s’amuser au guidon de ce radis rose.

Xavier a ensuite enfourché cette moto #RadisToRace, voici son retour :

Bien que je fasse 1m84, je suis à l’aise sur cette moto. Puis se retrouver au milieu de « vraies » motos, ça a un côté fun. Pas de pression, je sais que je n’aurai aucune chance en ligne droite.

Feu vert et gaaaaazzzz. J’ai dit Gaaaazzzz. Ah merde, je dois déjà passer la deux. Puis la trois. Bon ok, je révise un peu mon jugement et elle manque un peu de watts. Faut dire qu’avec 163cv de moins que la CBR je vais devoir adapter mon pilotage. Je prends le temps de chauffer les gommes, ce qui se fait rapidement, puis j’attaque. Enfin j’essaye. Avec cette moto, la moindre erreur de rapport est fatale, car soit on sort comme une patate, soit on se retrouve à rupter pendant le virage. Il faut vraiment jouer du sélecteur. Dans les points à améliorer, on peut aussi parler de la garde au sol, qui est juste ridicule. Ça me vaudra d’ailleurs une petite chute car sur un virage à gauche (je ne suis pas à l’aise avec les virages à gauche) je me retrouve à tout frotter, je relève en me disant que je vais finir tranquillement dans le bac. Ce que j’ai fait, mais la moto par terre. Et oui, herbe mouillée et pneus sportifs ne font pas bon ménage. Heureusement pas de mal pour le pilote et qu’un sélecteur de cassé pour la moto. On a réussi à bricoler un truc qui va nous permettre de rouler (merci jTag)

Quand on tente de faire l'aspi à des momes

Une fois le mode d’emploi compris, on s’amuse comme un petit fou. Alors oui, les lignes droites sont longues, mais on se retrouve à tenter des trucs pour grapiller quelques km/h de plus en bout de ligne droite, comme se mettre sur la selle passager. Et dès que le sinueux arrive, c’est bonheur. Là où on a l’habitude de couper, on passe gaz en grand. Il y a un virage que je prends avec un léger frein en seconde avec la CBR. Là je suis plein gaz en 5ème. C’est d’ailleurs sur ce virage que je double un gex qui m’avait dépassé en ligne droite. Je pense que ça va être un super souvenir, surtout que je l’ai en vidéo (grâce au Sena 10C – merci L’équipement.fr ).

Oui, c’est la seule moto que j’ai doublée, mais d’une, Le Luc n’est pas le circuit le plus adapté aux 125 (les lignes droites sont « longues » et en montée) mais j’ai pris un pied d’enfer, et j’ai amélioré mon chrono de 4 secondes en seulement trois sessions. Et même quand je me suis cassé la gueule, la blessure la plus importante a été à l’égo.

Autre point positif de rouler avec une petite, c’est qu’elle force à travailler. Si on veut faire un chrono, pas le droit à l’erreur, il faut avoir la trajectoire idéale. Et il faut aussi déhancher le plus possible pour pouvoir passer plus vite. Bref, elle va nous apprendre plein de choses.

Malgré une journée raccourcie d’une session, on a pu bien se marrer au guidon de cette Duke Rose. En fait, on a déjà hâte d’être à la course.

Vitesse max: 108km/h

 

Bonus : Test des pneus Heidenau K80

Si comme nous vous ne parlez pas allemand, et que vous n’achetez pas vos pneus au pays de BMW, vous n’avez jamais entendu parler de la marque Heidenau. Quand on nous a proposé de tester ces pneus sur la Duke on a dit banco, car on aime bien les trucs bizarres. Grâce à l’allemand niveau collège de Seb on a pu trouver quelques infos sur ces pneus, à vocation sportivo-routière pour petite cylindrée. On pourrait vous faire le résumé de ce qu’on a vu, mais d’une part on n’est pas sûrs que Seb ait si bien compris que ça, et d’autre part on préfère vous donner notre propre avis.

Ils sont donc venus directement de Heidenau en Allemagne, (d’ailleurs les pneus Avon viennent de Melksham en Angleterre à côté de la rivière Avon… coincidence ? Nous ne pensons pas). Vu que nous n’avons pas de couvertures chauffantes en 110 / 150, nous devions chauffer les pneus à chaque session. Malgré la faible puissance d’accélération et de freinage de la Duke, au bout d’un tour et demi ils étaient prêts à mettre du gros angle de l’angle. Aucune surprise à l’accélération, les K80 parviennent à passer la poneyterie de la Duke (NDLR : terme utilisé lors que la moto ne possède pas assez de puissance pour prétendre au titre de cavalerie). On pourrait bien vous dire qu’ils encaissent bien les gros freinages, mais la configuration du Luc ne permet pas de faire de gros freinages en 125. Mais sur les freinages que nous avons eu à faire, aucune surprise, les pneus encaissent. Enfin parlons des virages, là où une 125 peut gagner du temps : la mise sur l’angle est très facile et permet de jeter la moto dans le virage. Seule la garde au sol réduite de la Duke 125 nous aura empêchés d’aller au bout du pneu arrière. Quant à l’avant, la bande de peur a totalement disparu.

Malgré 5 sessions de 20 minutes, les pneus sont quasi neufs. Mais nous pourrons vérifier leur usure pendant la course d’endurance en mars prochain. Avec un peu de (mal)chance, nous pourrons voir ce qu’ils valent sur le mouillé aussi.

Petit bémol, ces penus sont très mauvais sur l’herbe mouillée, lors des jardinages dans les bacs. Après contact avec la marque, celle-ci nous a conseillé des pneus à crampons pour cette utilisation, tout en nous mettant en garde sur la baisse de performance sur la piste 😉

 

 

 

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