Ma première (vraie) chute

Ça y est, après presque 10 ans de permis, je m’en suis pris une. Ok, j’étais déjà tombé avant mais c’était le genre de chutes où on repart avec la moto, l’égo un peu froissé, les carénages légèrement râpés, mais sans plus. Là je m’en suis collé une vraie.

Si j’écris ce post, ce n’est pas pour me vanter (genre « ça y est, j’suis un vrai ») ni pour dire que la moto c’est dangereux (on le sait déjà). Si j’écris ce post, c’est d’une part pour vous partager mon expérience et c’est aussi pour dédramatiser, pour ceux qui nous suivent et nous supportent mais aussi un peu pour moi 😉

L’accident s’est donc passé au Castellet, le 4 mai dernier. Circuit mythique et surtout, circuit à découvrir. Avec Quick nous avions à cœur de travailler et aussi de nous dépasser.

Avant la chute j’étais bien, je trouvais mes marques au fur et à mesure des tours. Bon, je faisais encore plein d’erreurs, comme ne pas être sur le bon rapport, mais les chronos descendaient gentiment.

Concernant l’accident lui même, j’ai fait une erreur : je suis rentré en 3ème dans un virage où j’aurais du être en 2nde. Et en sortie de virage, j’ai accéléré un peu trop fort, ce qui avec un 1000 de 180cv provoque une glisse de l’arrière. Mais le problème c’est pas la glisse, c’est quand ça raccroche. High side. Ou pour donner une image parlante, j’étais le cow-boy sur le pur sang pendant un rodéo. Sauf que j’étais à 75-85 km/h réel (ça doit faire un petit 100 compteur). Et malgré le cuir avec protections, la dorsale et la protection pectorale, ben je me suis fais mal. Le classique du High Side: la clavicule. Dans mon cas, c’était en trois morceaux.

J’ai vu la moto partir, j’ai eu le temps d’espérer qu’il n’y ai pas trop de dégâts pour pouvoir repartir pour les autres sessions. Là, un gars du circuit arrive et me demande si ça va, je réponds que oui et j’essaye de me lever. Pour le moins, on peut dire que j’étais flageolant. On me remet par terre et là c’est le grand jeu : coquille, brancard, tête tenue, casque retiré tout doucement. Je ne peux pas dire que je me sentais bien mais j’étais en confiance. Direction le poste de sécurité, l’ambiance est décontractée mais sérieuse. Je sais déjà que ma clavicule est en morceaux. Le personnel médical me demande si je veux tenter de retirer ma combi ou si on découpe. J’ai réussi à retirer ma combi et ma sous combi. Donc à part mon casque, mon matos n’a presque rien.

Quick a le droit de venir me voir, et sur conseil de l’infirmier, c’est moi qui appelle Aurélie pour la prévenir. L’infirmier préviendra ma chérie quand on sait où je serai transféré, sachant qu’ils ont essayé de me transférer à Toulon plutôt qu’à Marseille, pour que je sois moins loin de chez moi.

S’ensuit un trajet en ambulance, avec encore du personnel sympa et j’arrive à l’hosto.

Urgences, radio, double fracture, opération possible, hospitalisation, opération. Je vous passe les détails mais j’ai maintenant une belle plaque et des vis. Physiquement, ça allait, moralement, c’était un peu plus dur, surtout d’être loin de mes chéries. Heureusement le personnel médical a été adorable (même si certaines infirmières voulait à tout prix connaitre le nom de ma future fille 😉 ), les sms de soutien n’ont pas arrêté et Michel et Quick sont passés me voir. Même la bouffe n’était pas trop mal.

Le jeudi (donc J+4), j’ai pu rentrer chez moi et prendre une douche (ouais, la morphine ça me fait beaucoup transpirer).

Une semaine après, j’ai commencé l’analyse de ma chute et ses conséquences. D’abord en regardant l’état de ma moto. De ce côté, pas trop de dégâts, je ferai un autre post pour détailler. Le lendemain, analyse du chrono GPS, et c’est comme ça que j’ai su ma vitesse lors de la chute. Puis le jour suivant, j’ai regardé la vidéo avec les copains. Ouais, un peu de support ne fait pas de mal 😉 Comme dans mes souvenirs, ça se passe très vite, je décroche et raccroche tout de suite. Je ne vois pas trop ce que j’aurais pu faire pour éviter de partir en High Side une fois la glisse commencée. Pour ce qui est d’éviter la chute, il aurait juste fallu que je rétrograde avant le virage pour passer la deux. Erreur qui ne pardonne pas avec un 1000 bourré de couple.

Bon, et comment je le vis ? Est ce que ça me fait changer d’idée sur la moto ? Alors, oui, je me suis posé des questions, j’avais le temps pour ça à l’hosto. Mais je n’ai pas envie de m’arrêter. Et même si ça fait mal, ça fait partie du jeu et des risques. Je me suis plus souvent blessé en faisant du sport qu’à moto, et pourtant je continue le sport. Oui la moto est un sport à risque, mais déjà, on a un équipement qui limite les dégâts, et de plus, quand on rouler sur piste, en cas de soucis, il y tout le personnel médical. Mais je vous rassure, je vais essayer de corriger mes erreurs, et de ne plus me casser la gueule 😉 Un gars du circuit Paul Ricard m’a fait un beau compliment après ma chute : je suis un cérébré. En opposition avec ceux qui roulent le cerveau débranché. J’en suis fier, et je compte bien continuer comme ça. Je vais apprendre de mes erreurs, je vais me retaper vite fait grâce à Michel, avec l’aide des copains, on va remettre la moto en état et j’espère bien reprendre la piste le 22 juillet comme prévu.

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